Scherzo ma non troppo…

« Faut-il appeler musique cette prothèse sonore qui sert à lever les jambes des militaires et des majorettes ? »

Dès le titre, nous sommes prévenus du tempo adopté par ce petit livre d’aphorismes qui sera celui du divertimento ! Et, en effet, Michaël Glück, avec un ensemble restreint de sentences, nous propose une œuvre légère et joyeuse autour de la musique et de son langage.

« Les petits Bach ne font pas nécessairement de grandes rivières. »

« Malgré l’abolition de la peine de mort, il reste encore, en musique, beaucoup d’exécutions capitales. »

De détournements d’expression en jeux de mots, l’auteur s’empare avec humour du vocabulaire de la musique classique pour le détourner de son usage initial et ainsi provoquer le rire de son lecteur. Ces aphorismes drôles parleront donc aux mélomanes qui s’amuseront des bons mots de cet ouvrage composé à la manière d’un scherzo.

« A l’Ircam faut-il écrire opus ou ô puce électronique ? »

« Arrive-t-il à un violoniste de pisser dans son instrument ? »

Toutefois, cette légèreté inhérente au divertimento semble parfois, dans cet ouvrage, céder sa place à la facilité qui crée, à l’inverse, une certaine pesanteur dans la composition. Quelques aphorismes auraient gagné à être écartés afin de garantir la juste et joyeuse tonalité du recueil.

« Est-il acceptable qu’un trombone à coulisses joue sur scène ? »

« Aux musiciens on ne présente pas la note. »

Malgré ces réserves, ces bagatelles musicales se lisent avec joie et on passe un bon et court moment en compagnie de cette Prova d’orchestra. J’en veux pour preuve cet aphorisme qui parlera à tout pianiste raté :

« La prochaine fois que vous adresserez une Lettre à Élise, n’oubliez pas le timbre. »

Prova d’orchestra, Michaël Glück, Éditions Les Carnets du dessert de lune, 7 euros

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