« Pour vivre heureux, vivons… »

« Si nous n’avions point de soupçons fâcheux à la vue de ce qui se passe dans le ciel, ni d’inquiétude sur la mort, et que nous connussions les limites du besoin et de la douleur, la Philosophie nous serait entièrement inutile. »

Cet aphorisme d’Épicure nous indique avec force l’objet de l’enseignement de ce philosophe, dans ses Maximes : connaître autant nos limites que celles du cosmos afin d’essayer de vivre dans le bonheur. Pour ce faire, l’auteur sème les préceptes d’une morale qu’il préconise en acte et qu’il égrène au fil de ses sentences.

« La mort ne nous fait rien. Ce qui est décomposé ne sent point, et ce qui ne sent point ne nous fait rien. »

La mort ne doit pas être pour nous une source d’inquiétude en cela qu’elle n’est pas la négation de la vie : elle est d’un autre ordre qu’il nous est impossible d’appréhender. Tachons donc de vivre sans crainte et de rendre plus grandes nos chances d’être heureux.

Épicure nous propose ainsi une morale du plaisir modeste, en ce sens que tout type de plaisir est en lui-même un absolu, et qu’il faut donc en jouir à sa juste valeur, et loue les douceurs de l’amitié, dans un monde où l’homme est un loup pour l’homme.

« Comme la tranquillité qu’on peut se procurer par le moyen des autres hommes ne va pas jusqu’à un certain point, il y a un art de s’en procurer une parfaite à soi-même : c’est de simplifier ses besoins, de se dégager de beaucoup de choses, et de se contenter de peu. »

La loi de la cité garantit seulement que les hommes ne se nuisent pas trop entre eux et que se dégage un espace pour le bonheur qui est essentiellement, pour le philosophe, jouissance solitaire du présent et des sens.

Les maximes d’Épicure « ne s’embarrasse[nt] point de mots vides de sens » et vise l’efficacité philosophique dans la recherche du bonheur. Elles sont le point de départ d’une réflexion personnelle sur la notion de plaisir ou de justice et permettent de comprendre la pensée parfois complexe de l’école du Jardin.

La traduction, datant du 18ème siècle, donne une saveur particulière à ces maximes à méditer et l’essai qu’il les suit intitulé « Épicure ou le bonheur sans détour » est très éclairant et égratigne les clichés qui colle à la peau de cette philosophie délicate. Délectons nous donc de ce petit ouvrage très bien composé et profitons de ce qui est à notre portée :

« Si le plaisir du corps pouvait être sans bornes, il faudrait un temps sans bornes pour le produire. »

Maximes, Epicure, Babel, 64 p., 5,60 euros

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