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	<title>Folio Archives - Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Metaphysical vertigo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2016 13:45:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cioran]]></category>
		<category><![CDATA[Ebauches de vertiges]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l&#8217;aise entre assassins. » Cioran. Emil Cioran. Qui d&#8217;autre aurait pu écrire cet aphorisme si désespéré, si grinçant d&#8217;humour noir qu&#8217;il en est symptomatique de l&#8217;écriture du philosophe roumain?&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>« Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l&rsquo;aise entre assassins. »</i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cioran. Emil Cioran. Qui d&rsquo;autre aurait pu écrire cet aphorisme si désespéré, si grinçant d&rsquo;humour noir qu&rsquo;il en est symptomatique de l&rsquo;écriture du philosophe roumain? Car Cioran, en dehors de toute la mythologie qui s&rsquo;est forgée autour de lui, c&rsquo;est avant tout un style inimitable et reconnaissable entre mille. Cette langue riche, intense, baroque souvent, soutenue par une syntaxe d&rsquo;un classicisme, voire d&rsquo;un ascétisme un peu raide, qui procure au lecteur un plaisir délicieux et coupable.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« La conversation n&rsquo;est féconde qu&rsquo;entre esprits attachés à consolider leurs perplexités. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Et que dire de ses thématiques récurrentes, qui tissent comme des obsessions, la structure de ses œuvres ? La mort, le passage du temps, le suicide, l&rsquo;être, la petitesse de l&rsquo;homme : autant de thèmes s&rsquo;entrelacent pour dessiner le portrait d&rsquo;un écrivain qui fut sans cesse en quête d&rsquo;un absolu qui échappait à sa raison. Cioran aimerait &#8211; on le sent bien &#8211; s&rsquo;échapper de cette caverne de Platon pour toucher, physiquement, voire sensuellement, de ses doigts le soleil de la vérité mais comme tout homme, il reste prisonnier et s&rsquo;ennuie à regarder danser les ombres sur les murs. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Être persuadé de quoi que ce soit est un exploit unique, presque miraculeux. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« On est et demeure esclave aussi longtemps que l&rsquo;on est pas guéri de la manie d&rsquo;espérer. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Qui d&rsquo;autre que Cioran peut se vanter d&rsquo;être si présent, si intensément là dans chacun de ses aphorismes ? A la lecture, tous semblent imprégnés de cet esprit sceptique qui oscille entre cynisme et pessimisme, sans jamais pouvoir ni vouloir choisir. Tous se jouent des illusions du lecteur, avec cruauté parfois, souvent avec une pitié dégoûtée pour cette faible créature qu&rsquo;est l&rsquo;homme. Tous exhalent par chaque pore l&rsquo;âme de cet écrivain entier, trop ont dit certains, qui ne s’embarrassaient pas de ces petites concessions que l&rsquo;on est amené à faire avec soi-même. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« L&rsquo;ennui, qui a l&rsquo;air de tout approfondir, n&rsquo;approfondit en fait rien, pour la raison qu&rsquo;il ne descend qu&rsquo;en lui-même et ne sonde que son propre vide. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Rien ne rend modeste, pas même la vue d&rsquo;un cadavre. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Peu d&rsquo;aphoristes peuvent se targuer d&rsquo;avoir réussi ce tour de force d&rsquo;être, par leurs langues autant que par leurs idées, si aisément identifiable à la première lecture. Le pari fait par Folio Sagesses semble être de donner accès à la pensée de Cioran, en nous proposant, dans un opus très court, la quintessence de son style. Pari réussi pour ces <i>Ébauches de vertige</i> qui laissent entrevoir toute la richesse et la variété du talent et de la verve de cet écrivain. A tous ceux qui ne connaissent pas cet auteur de premier plan, procurez-vous cet ouvrage au prix dérisoire de 2 euros mais dont la lecture vous laissera abasourdi et vous hantera encore des jours après.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Celui qui n&rsquo;a pas souffert n&rsquo;est pas un être : tout au plus un individu. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Bien que ne partageant, personnellement, que peu avec les réflexions développées par Cioran, force m&rsquo;est de constater que leur lecture est toujours aussi revigorante. Avec lui, pas d&rsquo;échappatoire, pas de respiration, on est acculé, dans un coin : plus le choix, on doit penser, on ne peut plus se mentir, il faut rendre des comptes. Quelle force et quelle exigence supposent une telle lecture ! Quelle puissance ! Intransigeant, Cioran vous oblige à prendre position et peut-être est-ce cela qui fait de lui un auteur si majeur ? En effet, quel meilleur aphoriste que celui qui vous contraint à réagir, à vous libérer et enfin à penser ? </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Ce qui ne peut se traduire en termes de mystique ne mérite pas d&rsquo;être vécu. »</i></span></p>
<p><i>Ébauches de vertige, E. M. Cioran, Folio Sagesses, 2 euros</i></p>
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		<title>René Char, aphoriste et résistant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Aug 2016 17:11:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Feuillets d'Hypnos]]></category>
		<category><![CDATA[Folio]]></category>
		<category><![CDATA[René Char]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« L&#8217;homme est capable de faire ce qu&#8217;il est incapable d&#8217;imaginer. Sa tête sillonne la galaxie de l&#8217;absurde. » Cet aphorisme extrait des Feuillets d&#8217;Hypnos, touchant du bout du doigt un sublime quasi onirique, résume à lui seul l&#8217;engagement aussi bien poétique que politique de son auteur René Char. En effet, pendant&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« L&rsquo;homme est capable de faire ce qu&rsquo;il est incapable d&rsquo;imaginer. Sa tête sillonne la galaxie de l&rsquo;absurde. »</em></p>
<p>Cet aphorisme extrait des <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em>, touchant du bout du doigt un sublime quasi onirique, résume à lui seul l&rsquo;engagement aussi bien poétique que politique de son auteur René Char. En effet, pendant l&rsquo;Occupation de la France au cours de la Seconde guerre mondiale, le poète participe activement à la Résistance sous le nom de « Capitaine Alexandre » et rédige des fragments tant sur les actions et combats menés que sur les contemplations, impressions et émotions générées par ces batailles.</p>
<p><em>« Nous errons auprès de margelles dont on a soustrait les puits. »</em></p>
<p>Ces diverses expériences retranscrites sous forme de notes et d&rsquo;aphorismes verront le jour sous le nom de <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em> et constituent l&rsquo;un des témoignages poétiques les plus singuliers relatifs à cette sombre période. Refusant l&rsquo;exposé continu et chronologique des événements de la Résistance, Char procède par fulgurances et livre ainsi un témoignage fragmentaire et original sur une époque dont la violence et la barbarie sautent aux yeux à chaque page. Engagé jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;âme, les premiers aphorismes réunis par René Char au début du recueil constituent déjà en eux-mêmes une sorte de programme poético-politique.</p>
<p><em>« Conduire le réel jusqu&rsquo;à l&rsquo;action comme une fleur glissée à la bouche acide des petits enfants. Connaissance ineffable du diamant désespéré (la vie). »</em></p>
<p><em>« Être stoïque, c&rsquo;est se figer avec les beaux yeux de Narcisse. Nous avons recensé toute la douleur qu&rsquo;éventuellement le bourreau pouvait prélever sur chaque pouce de notre corps ; puis le cœur serré, nous sommes allés et nous avons fait face. »</em></p>
<p>Ayant établi son quartier général à Céreste, dans les Basses-Alpes, le poète décrit avec lyrisme son quotidien de résistant entre exécutions de camarades par les forces ennemies, livraisons d&rsquo;armes et anecdotes sur ses compagnons de maquis. Ces récits de combats sont accompagnés de sublimes saillies poétiques, de considérations politiques plus générales et de grands moments de contemplation, ce qui rend l&rsquo;ensemble du recueil d&rsquo;une richesse et d&rsquo;une densité incroyables.</p>
<p><em>« Je n&rsquo;ai pas peur. J&rsquo;ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l&rsquo;ennemi et moi. L&rsquo;affronter horizontalement. »</em></p>
<p><em>« Vous tendez une allumette à votre lampe et ce qui l&rsquo;allume n&rsquo;éclaire pas. C&rsquo;est loin, très loin de vous, que le cercle illumine. »</em></p>
<p>Frôlant parfois l&rsquo;hermétisme, les aphorismes de Char sont à apprécier comme les paroles d&rsquo;oracles qui obscurcissent la vie plus qu&rsquo;elles ne l&rsquo;éclairent. Ces courtes phrases sont toutes pleines de brouillards, invitant ainsi le lecteur à parcourir l&rsquo;œuvre avec la plus grande circonspection. Engagement poétique et politique sont pour Char les deux versants d&rsquo;une même pièce : au plus profond de l&rsquo;abîme politique, il est utile voire nécessaire d&rsquo;écrire, de transcender sa vision du monde pour la sublimer en une expérience poétique. La dernière phrase du recueil est en ce sens très éloquente.</p>
<p><em>« Dans nos ténèbres, il n&rsquo;y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. »</em></p>
<p>Pour ma part, je ne me lasse pas de lire et relire ces <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em>, devenus un classique de la littérature engagée. Comme toutes les grandes œuvres, elles gagnent en épaisseur à chaque relecture et l&rsquo;on découvre toujours ou l&rsquo;on comprend enfin un aphorisme que notre esprit paresseux avait laissé de côté. Si Char avait donné cette excellente définition de ce que peut être un aphorisme : <em>« L&rsquo;éclair me dure. »</em>, son œuvre, quant à elle, résonne toujours en moi comme ce tonnerre grondant et ondulant qui suit de peu l&rsquo;éblouissement de l&rsquo;éclair.</p>
<p><em>« Sommes-nous voués à n&rsquo;être que des débuts de vérité ? »</em></p>
<p><em>Feuillets d&rsquo;Hypnos, René Char, Folio plus Classiques, 160 p., 4,80 euros</em></p>
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