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	<title>Lec Archives - Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Décoiffantes pensées !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jan 2016 10:06:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Lec]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Sa pensée est un pur plaisir. Elle ne féconde personne.» Tel n&#8217;est pas le cas de la pensée du polonais Stanisław Jerzy Lec qui, au contraire, continue à vous habiter, à vous féconder, longtemps après la lecture du recueil Nouvelles pensées échevelées. « Ne succombez jamais au désespoir : il ne tient&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>«Sa pensée est un pur plaisir. Elle ne féconde personne.»</em></p>
<p>Tel n&rsquo;est pas le cas de la pensée du polonais Stanisław Jerzy Lec qui, au contraire, continue à vous habiter, à vous féconder, longtemps après la lecture du recueil <em>Nouvelles pensées échevelées</em>.</p>
<p><em>« Ne succombez jamais au désespoir : il ne tient pas ses promesses. »</em></p>
<p>Pour être tout à fait honnête, j&rsquo;ai, longtemps, hésité, à écrire sur cette œuvre qui m&rsquo;inspire le plus grand respect et la plus profonde admiration. Elle compte, pour moi, parmi les meilleurs recueils d&rsquo;aphorismes au monde et est, à ce titre, très difficile à présenter.</p>
<p>C&rsquo;est donc avec un émerveillement empreint d&rsquo;une sincère déférence que je souhaite aborder cette œuvre capitale de la littérature aphoristique.</p>
<p><em>« Il avait l&rsquo;esprit ouvert, malheureusement à tous les vents. »</em></p>
<p>Tout d&rsquo;abord, Stanisław Jerzy Lec est un auteur peu connu en France et pourtant, culte en Pologne. Né en 1909 d&rsquo;une famille juive, il obtient une licence de droit en 1933. A partir de 1933 et jusque dans les années 50, il met sa plume au service de magazines communistes, rejoint l&rsquo;Union des écrivains soviétiques d&rsquo;Ukraine avant d&rsquo;être interné de 1941 à 1943 dans un camp de concentration duquel il s&rsquo;échappe, vêtu d&rsquo;un uniforme allemand. Déçu par le gouvernement communiste, il publie son premier recueil d&rsquo;aphorismes : <em>Pensées échevelées</em> en 1957 qu&rsquo;il complétera jusqu’en 1966, année de sa mort, pour donner naissance à ses <em>Nouvelles pensées échevelées</em>.</p>
<p><em>« L&rsquo;homme sert d&rsquo;intermédiaire entre ses propres mots. »</em></p>
<p>Ce qui caractérise le plus, à mon sens, l&rsquo;œuvre de Lec, c&rsquo;est cette méfiance vis-à-vis du politique dont il révèle les hypocrisies et les vices.</p>
<p><em>« Marx et Engels ont bien de la chance de pouvoir dissimuler leurs sourires ironiques dans leurs barbes touffues. »</em></p>
<p><em>« Quand les têtes tombent, ne baisse pas la tienne. »</em></p>
<p>Toujours vigilant face aux différentes formes d’oppression qu&rsquo;elles soient sociales ou économiques, Lec se fait le chantre d&rsquo;une liberté sauvage, insoumise et sans compromis. Toutes ses phrases respirent l&rsquo;irrévérence et toute convention, regardée a priori comme suspecte, est démantelée d&rsquo;un revers de mot.</p>
<p><em>« Certains ont l&rsquo;impression de descendre de singes qui étaient dans l&rsquo;arbre de la connaissance du bien et du mal. »</em></p>
<p><em>« L&rsquo;homme forme un tout, à moins que son prochain n&rsquo;en décide autrement. »</em></p>
<p>Ironiques, narquois même, tous ses aphorismes sentent le soufre et le sourire, chez Lec, loin d&rsquo;être propice à la gaieté ou la légèreté, paraît, être la meilleure façon de montrer ses dents à son adversaire.</p>
<p><em>« Dans leur curriculum vitae, beaucoup passent sous silence leur inexistence. »</em></p>
<p><em>«Il ne faut pas chasser l&rsquo;ennui avec le forces de police ! »</em></p>
<p>Rien n&rsquo;est gratuit, insouciant (ou peu d&rsquo;aphorismes qui constituent dès lors une respiration dans le texte) et tout chez Lec tend à l&rsquo;attaque. S&rsquo;en dégage ainsi une unité de ton qui, malgré la diversité de thèmes abordés, donne corps à l’œuvre et la rende cohérente.</p>
<p><em>« Dans la lutte des idées, ce sont les hommes qui périssent. »</em></p>
<p>Le scepticisme railleur et une certaine rage libertaire font, si j&rsquo;ose dire, tenir cette œuvre « debout », et le lecteur sort transformé, nourri de cette lecture qui prône les valeurs qui déjà étaient chères à Lichtenberg telles que l&rsquo;indépendance, la pensée en action ou encore la différence.</p>
<p><em>« Je suis pour la reprivatisation de la vie intérieure. »</em></p>
<p>Je ne peux que vous recommander, à mon tour, de courir librement et sauvagement vous procurer en librairie cet opus rédigé à la gloire ce qui est beau en l&rsquo;homme : sa faculté de dire non et de douter. En place de la désespérance et de l&rsquo;immobilisme actuels, écoutons au plus profond de ce 20ème siècle traversé par les guerres, cette voix nous interpeller et nous dire :</p>
<p><em>« Le temps fait son œuvre. Et toi, être humain ? »</em></p>
<p><em>Nouvelles pensées échevelées, Stanisław Jerzy Lec, Les éditions Noir sur Blanc et La librairie polonaise, 256 p., 10,05 euros</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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