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	<title>NRF Archives - Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Cent phrases pour un chef d’œuvre</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/cent-phrases-pour-eventails-un-chef-doeuvre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2022 20:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cent phrases pour éventails]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[NRF]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Claudel]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>     Le camélia            comme une idée rouge                éclatante et froide Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de Cent phrases pour éventails de Paul Claudel&#160;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927,&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">     <em>Le
camélia            comme une idée
  rouge                  éclatante
                            et froide</em> </pre>



<p>Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de <em><a href="https://lcp.gallimard.fr/fr/products/cent-phrases-pour-eventails" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cent phrases pour éventails</a></em> de Paul Claudel&nbsp;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927, ou plutôt de dessiner des petits poèmes sur des éventails qui seront également ornés d’idéogrammes japonais. Il faut donc s’imaginer – ô délicieuse idée &#8211; s’éventer avec cette poésie, le souffle frais du vent faisant écho au souffle métaphorique des mots.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Éventail                        Ce ruban
                           demi-circulaire
                           est l’horizon
                           et la pointe du
                           triangle est l’
                                                    oeil</em></pre>



<p>Initialement parues, au Japon, sous forme d’éventails ou d’accordéons de papier, dépliables à l’orientale, les « phrases » de ce recueil seront finalement publiées, en France, en 1942, accompagnées d’une préface de l’auteur. Dans sa volonté de brouiller les frontières aussi bien géographiques que poétiques, Paul Claudel n’hésite pas à mêler la tradition japonaise des haïkus et des idéogrammes à la poésie occidentale pour donner naissance à une écriture très libre, conviant le lecteur à un voyage dépaysant et inédit.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Quatre              La couleur et la
heures             lumière      le soleil
   du                 et la lune           se
matin              mêlent    comme
                       l’eau avec le vin</em></pre>



<p>Grâce à la disposition singulière des mots sur l’éventail, la lecture devient un espace ludique. Elle peut s’effectuer de manière aussi bien verticale qu’horizontale, célébrant ainsi la liberté du lecteur. Certains mots se disloquent. Les lettres, par la sensualité de leurs courbes, la rigidité de leurs traits, deviennent des idéogrammes. Dans cette épure poétique où se confondent Orient et Occident, Paul Claudel nous invite à une contemplation sereine de la nature où les dieux millénaires se prélassent à l’ombre des cèdres et des glycines.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">   <em>La                   du      printemps
danse              deplusenplusvite
                        àlamesuredeschoses
                        qui croissentetse
                                   m
                           u l t i p l i e n t</em></pre>



<p>L’auteur se joue de toutes les traditions littéraires, y compris celle de l’aphorisme, pour créer une unité de sens unique et poétique : «&nbsp;la phrase&nbsp;». La beauté des pivoines, la fumée de l’encens, le ruissellement de l’eau, laissez-vous emporter par le flot des images et le souffle poétique si singulier de ce chef d’œuvre inclassable&#8230;</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Moins             la rougeur
                       de la pourpre
                       que le      s
                            on
                            de
                              l'
                            o r</em></pre>



<p><em>Cent phrases pour éventails, Paul Claudel, NRF, Poésie Gallimard, 168 pages, 7,80 euros</em></p>
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		<title>Variations autour d&#8217;une pensée en mouvement</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/variations-autour-dune-pensee-mouvement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2017 10:12:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Moralités]]></category>
		<category><![CDATA[NRF]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Valery]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Morale conservative. Il faut que ce soit le même qui possède ce champ, jouisse de tel bien. Et il faut que ce soit le même qui couche avec la même, et la même avec le même. C&#8217;est en quoi la morale est « ennuyeuse », impose la monotonie.» Dans Moralités, Valéry nous&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« </i>Morale conservative<i>. Il faut que ce soit </i>le même<i> qui possède ce champ, jouisse de tel bien. Et il faut que ce soit </i>le même<i> qui couche avec la même, et </i>la même<i> avec </i>le même<i>. C&rsquo;est en quoi la morale est « ennuyeuse », impose la monotonie.»</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Dans <i>Moralités</i>, Valéry nous prévient : ne venez pas chercher dans cette œuvre le prêchi-prêcha moral qu&rsquo;un lecteur distrait pourrait attendre du titre de ce recueil ô combien trompeur. Loin de la sentence hiératique et de ses applications, Valéry s&rsquo;inscrit plutôt dans cette tradition du 17<sup>eme</sup> siècle pour laquelle la maxime était un support privilégié pour dresser un portrait de l&rsquo;homme en général. Dans cet opus, l&rsquo;auteur s&rsquo;ingénie donc, à coup de crayons et de ratures, à capter d&rsquo;arides mais intéressantes variations autour de la pensée en mouvement d&rsquo;un homme qui tente de se définir. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Un lapin ne nous effraie point ; mais le brusque départ d&rsquo;un lapin inattendu peut nous mettre en fuite. Ainsi en est-il de telle idée, qui nous émerveille, nous transporte, pour nous être soudaine, et devient, peu après – ce qu&rsquo;elle est&#8230; N&rsquo;oubliez pas – l&rsquo;imprévu ! »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Partant de considérations assez générales pour aboutir à des réflexions d&rsquo;une grande acuité, l&rsquo;écriture de Valéry fonctionne tel un microscope qui réglerait sans cesse sa mise au point pour maximiser sa netteté. En effet, possédé par le démon de la définition, l&rsquo;écrivain avance, exclut et précise sans arrêt les attributs d&rsquo;une notion complexe. Puis, sa pensée semble se retourner contre lui-même et c&rsquo;est une nouvelle nuance, une nouvelle correction à apporter. Procédant par addenda et rectificatifs permanents, l&rsquo;auteur donne à voir une pensée qui cherche obstinément la justesse des mots, doute de sa propre faculté d&rsquo;analyse, s&rsquo;interroge sur le bien-fondé même de la question. En bref, une pensée véritable, dubitante, qui tâtonne, hésite, tranche pour mieux hésiter, décide, revient en arrière&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Les plus fortes têtes le sont aussi contre elles-mêmes, &#8211; Surtout contre elles-mêmes. &#8211; Par quoi elles se détruisent, mais sans quoi elles ne parviennent pas à leur plus haut. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cette gymnastique de l&rsquo;esprit et sa mise en scène sont véritablement caractéristiques de l&rsquo;écriture de Paul Valéry. En effet, chez lui, comme chez Montaigne, le mouvement de la pensée semble toujours plus importer que la pensée elle-même. Défendant l&rsquo;idée que l&rsquo;homme est bien plus traversé par des pensées, que créateur de ces dernières, il n&rsquo;est pas étonnant que Valéry s&rsquo;acharne à écrire une méthode de réflexion bien plus que ses réflexions elles-mêmes. Comme l&rsquo;écrit Barthes dans <i>Le degré zéro de l&rsquo;écriture </i>sur lequel nous avons déjà rédigé <a href="https://aphorismundi.com/chronique/maxime-selon-roland-barthes/" target="_blank" rel="noopener">un article</a>, l&rsquo;auteur de maximes s&rsquo;érige souvent en juge suprême et pèse les notions, établit des définitions dans un jeu d&rsquo;éternel balancement et Valéry, dans sa volonté de nuances et de précisions infinies, se prête avec enthousiasme à ce jeu de la pesée quasi divine.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« L&rsquo;ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s&rsquo;est pas encore présentée à lui. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Dans <i>Moralités</i>, il est question d&rsquo;esquisser un portrait incomplet mais universel de l&rsquo;Homme : son rapport à l&rsquo;amour, au temps, à la mort, à lui-même. Chez Valéry, tout est relation : car comme il l&rsquo;écrit, <i>« qui est vraiment seul n&rsquo;est pas homme- »</i>. L&rsquo;homme se définit toujours par rapport à et son approche de la vie dépend essentiellement de la plasticité de son esprit. Effleurant des thèmes très hétéroclites, rebroussant chemin pour s’arrêter sur une autre notion ou en approfondissant une autre, les <i>Moralités</i> de Valéry semblent, de temps à autre, manquer de corps, de tenue et le lecteur peut se retrouver égaré dans le foisonnement anarchique de ces réflexions. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« L&rsquo;ennui est le sentiment que l&rsquo;on a d&rsquo;être soi-même une habitude, et de vivre&#8230; </i>une non-existence sensible<i>, comme si l&rsquo;on eût la propriété de percevoir que l&rsquo;on est pas. Percevoir que l&rsquo;on existe pas !. L&rsquo;ennui est finalement la réponse du même au même. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Moins variées que ses <i>Mauvaises pensées </i>auxquelles nous avions déjà consacré <a href="https://aphorismundi.com/classique/beni-soit-qui-mal-y-pense/" target="_blank" rel="noopener">un article</a>, plus abruptes à la compréhension, les <i>Moralités</i> de Paul Valéry peuvent provoquer parfois une certaine lassitude par leur monotonie et leur manque d&rsquo;à-propos. Mais, loin de vouloir éblouir par l&rsquo;éclat de sa langue, l&rsquo;écrivain poursuit un but tout autre : l&rsquo;aphorisme est là pour servir de support à une réflexion morale discontinue qui sans arrêt s&rsquo;interrompt pour mieux se corriger, avance des idées pour mieux les moduler. A grand renforts de variations, Valéry dessine en filigrane un portrait de la complexité et de l&rsquo;instabilité de la pensée humaine. Si les définitions sont fuyantes, les vérités conditionnelles, que reste-t-il à l&rsquo;homme si ce n&rsquo;est de se contenter de jouir et de s&rsquo;effrayer des infinis bornés de sa propre pensée ?</span></p>
<p><i>« La menace de l&rsquo;aveu. </i><i>« Si vous voyiez mon âme, vous ne pourriez pas déjeuner. »</i></p>
<p><i>Moralités, Paul Valéry, NRF </i></p>
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