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	<title>Stéphane Cremer Archives - Aphorismundi</title>
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		<title>Poétique de l&#8217;être humain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2015 09:41:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[poétique]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Cremer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tandis qu&#8217;aux invisibles il faudrait un œil qui les regarde depuis sa clôture et les aime en dedans. » Cet aphorisme poétique se veut une mesure obscure et délicate dans la partition lumineuse des Prolégomènes à toute poésie de Stéphane Crémer. Qu&#8217;y-a-t-il avant la poésie ? Quels sont les axiomes qui régissent&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« Tandis qu&rsquo;aux invisibles il faudrait un œil qui les regarde depuis sa clôture et les aime en dedans. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cet aphorisme poétique se veut une mesure obscure et délicate dans la partition lumineuse des <i>Prolégomènes à toute poésie</i> de Stéphane Crémer. Qu&rsquo;y-a-t-il avant la poésie ? Quels sont les axiomes qui régissent son écriture ? Ce sont ces questions auquel ce long poème musical composé d&rsquo;aphorismes semblent vouloir répondre.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Le présent étant infini, le temps ne s&rsquo;y voit pas passer ; mais nous aurons tout vécu et ce futur nous est donné puisqu&rsquo;il est acquis que nous y sommes infiniment engagés. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ces <i>Prolégomènes</i> interviennent comme la tentative fragile de saisir l&rsquo;acte poétique en lui-même et donnent à appréhender en creux une définition de la création artistique. Cette introduction à la poésie proposée par l&rsquo;écrivain se fait expérience métaphysique voire chamanique de l&rsquo;écriture. Rien n&rsquo;est dit, tout se susurre et l’ellipse propre à l&rsquo;aphorisme sert cet esthétique oraculaire.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Profiter de n&rsquo;être rien pour dire tout en plein silence. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ce livre sonore est d&rsquo;une magnifique facture : du langage ciselé à la composition rigoureuse. Le poète y est un Robinson dont l’île est la langue et les pierres les mots. S&rsquo;y bâtit une ode à la création, à l&rsquo;inutilité et à la vitalité de l&rsquo;acte poétique, en particulier dans les apartés qui ponctuent le poème. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« D&rsquo;un désert qui leste les mots de ses soleils de plomb, nourrisse les phrases de ses sables mouvants, garder l&rsquo;espoir : contre le règne du seul métronome d&rsquo;en haut d&rsquo;où battent mécaniquement le jour et la nuit et leur mesure qui s&rsquo;en suit de morts à la queue leu leu, soudaines ou lentes mais toujours prévues puis consacrées, inaugurées au rebours de leurs processions&#8230; Quelle farce ! »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Au bout de cet épopée du verbe poétique, les dernières paroles du poème qui émeuvent aux larmes par leur sincérité et leur simplicité. Stéphane Crémer semble y exprimer ce que l&rsquo;on serait tenté de désigner comme un art poétique : continuer humblement à forger cette matière-mot éternelle pour y dessiner sa langue d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, sans cesse mouvante.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Humble, dure, recluse attentive, soigneuse, chaque pierre gonfle le fleuve – ainsi chaque mot l&#8217;embouchure du silence. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Se détache de cette quête poétique, une quête plus universelle encore : celle de l&rsquo;homme et des chemins qu&rsquo;ils empruntent pour la mener à bien. Comme devise à ce cheminement métaphysique partagé par tout être humain, murmure la voix du poète :</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Ignorer où on va mais choisir d&rsquo;y aller. »</i></span></p>
<p><i>Prolégomènes à toute poésie, Stéphane Cremer, Éditions Isabelle Sauvage, 12,50 euros </i></p>
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