Léonard de Vinci : l’art de la maxime

« Le mouvement est la cause de toute vie. »

Et ce mouvement de l’homme et de la nature, Léonard de Vinci n’aura de cesse de le décrire, dans ses Maximes, grâce à son œil aussi affûté que son esprit. Pour lui, l’observation et l’expérience sont les mères de toute science sérieuse qui ne s’établit pas sur des arguments d’autorité.

« L’expérience ne se trompe jamais, ce sont nos jugements qui se trompent, quand ils attendent d’elle des choses qu’elle n’a pas le pouvoir de faire. »

« La sagesse est fille de l’expérience. »

Il faut expérimenter et sonder les secrets de la nature tout en ayant conscience des limites propres à l’expérience humaine. Si nous réalisons ce qu’il nous incombe de faire, nous aurons accès à une forme de bonheur imparfaite mais réelle.

« La vie bien employée est longue. »

La morale de Vinci semble être une morale de l’action mesurée à l’aune de la finitude de l’homme. La vie doit être respectée pour ce qu’elle est malgré ses vicissitudes.

« Qui n’estime pas la vie ne mérite pas la vie. »

Les aphorismes de ce grand peintre et inventeur ne sont pas construits sur une pointe humoristique mais sont bel et bien le reflet authentique et sincère de ses multiples expériences.

S’en dégage donc une vérité d’Homme, à la Montaigne, qui se connait et connait autrui autant que sa vie le lui a permis.

« On ne peut pas avoir d’empire plus petit, ni d’empire plus grand que celui qu’on a sur soi-même. »

Quelques gauloiseries font sourire mais Léonard de Vinci accepte volontiers sa condition face à un Dieu auquel il se soumet et occupe avec bonheur les heures de sa vie.

« En voilà quelques-uns qui méritent qu’on les appelle ainsi et pas autrement : tuyaux à nourriture, entasseurs de fientes, remplisseurs de chiottes. Par eux, rien d’autre n’apparaît au monde, aucune vertu jamais ne s’accomplit, et à la fin il ne reste d’eux que des chiottes pleines. »

« De même que celui qui a eu une journée bien remplie s’endort heureux, de même celui qui a eu une vie bien employée meurt heureux. »

Ces Maximes se poursuivent par des fables et devinettes amusantes que le lecteur découvre avec grand plaisir. Les Maximes de Léonard de Vinci s’achèvent sur cet aphorisme :

« On ne devrait pas désirer l’impossible. »

Et, pourtant, plus que l’avoir désiré, grâce à ses tableaux, ses inventions, sa littérature et ses expériences scientifiques, on peut maintenant, avec recul et certitude, dire qu’il l’a fait !

Maximes, fables et devinettes, Léonard de Vinci, Arléa, 7,50 euros, 120 p.

 

 

 

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