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	<title>Aphorisme Archives - Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Entretien avec Philippe Moret</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Mar 2023 16:29:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le Bouquin des aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Moret]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition et modernité de l&#039;aphorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Docteur ès-lettres de l&#8217;université de Lausanne, Philippe Moret a consacré sa thèse de doctorat à la littérature aphoristique (Tradition et modernité de l&#8217;aphorisme, Genève, Droz, 1997). En 2018, il publie une anthologie chez Robert Laffont dans la collection Bouquins : Le Bouquin des aphorismes. Il est professeur de littérature française&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Docteur ès-lettres de l&rsquo;université de Lausanne, Philippe Moret a consacré sa thèse de doctorat à la littérature aphoristique (<em><a href="https://www.droz.org/france/product/9782600002141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tradition et modernité de l&rsquo;aphorisme</a></em>, Genève, Droz, 1997). En 2018, il publie une anthologie chez Robert Laffont dans la collection Bouquins : <em><a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-bouquin-des-aphorismes/9782221117132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Bouquin des aphorismes</a></em>. Il est professeur de littérature française et de philosophie en Suisse depuis une quinzaine d’années.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> D’où vient votre intérêt pour la forme aphoristique&nbsp;? Pourquoi avez-vous choisi de lui consacrer votre thèse de doctorat à la fin des années 1990&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> J’avais fait un mémoire de licence sur la poétique du voyage chez Henri Michaux, et c’est cet auteur qui m’a incité à aller voir du côté des formes brèves et sentencieuses,&nbsp;en particulier avec ses <em>Tranches de savoir</em> et ses <em>Poteaux d’angle</em>. Mais j’imagine que j’avais quelques affinités personnelles avec le scepticisme, voire le pessimisme qui dominent dans ce registre.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quelles hypothèses souhaitiez-vous démontrer grâce à ce travail de recherche&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Je m’intéressais à l’ascendance et à la descendance de la maxime classique (La Rochefoucauld), à des formes d’émancipation de la littérature aphoristique par rapport à cette dernière, mais avec une exigence gnomique qui subsistait, souvent de manière paradoxale, en contraste avec <a href="https://aphorismundi.com/portraits/surrealisme-aphorisme-rencontre-marie-paule-berranger/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le «dépaysement» surréaliste étudié par Marie-Paule Berranger</a>, même s’il y a de nombreux recoupements entre son corpus et le mien.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span><em> </em>En 2018, vous publiez Le Bouquin des aphorismes chez Robert Laffont. Comment vous est venue l’idée de ce projet «oulipien»&nbsp;? Quels ont été vos critères de sélection pour retenir les aphorismes présentés dans cet ouvrage&nbsp;? Pourquoi avez-vous choisi la forme d’un abécédaire thématique pour cette anthologie&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> C’était une commande du responsable de la collection à l’époque, Daniel Rondeau, et la forme de l’abécédaire thématique venait de ce dernier. Par ailleurs, il souhaitait que le projet soit aussi large que possible dans l’espace et le temps. Contrainte éditoriale supplémentaire sur laquelle Jean-Luc Barré, qui a succédé à Daniel Rondeau, a insisté&nbsp;: pas de droits d’auteur ni de traducteur à payer, ce qui m’a incité à la modération pour les auteurs et les traductions non libres de droit (pas plus de dix lignes, que M. Barré pouvait négocier avec Gallimard en particulier). J’ai bricolé dans ma cueillette avec ces exigences, à la fois contraignantes et libératoires — «oulipiennes» donc… Le critère le plus important pour moi a été de puiser dans des <em>recueils</em> de formes brèves et sentencieuses en vers ou en prose, soit auctoriaux, soit éditoriaux. Le recueil me paraît en effet aussi important que le critère de la brièveté gnomique pour définir le genre aphoristique au sens large.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quels sont les auteurs quelque peu confidentiels que vous souhaitiez mettre à l’honneur dans cet ouvrage et que vous invitez nos lecteurs à découvrir&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Il y aurait beaucoup de noms à citer… J’aimerais rendre hommage à deux anciens maîtres dont j’ai découvert les talents de moralistes&nbsp;: Arnaud Tripet et François Debluë, j’avais grand plaisir à les retrouver par le biais de leurs réflexions et maximes. Chez les non-francophones, Nicolas Gomez Davila, Marie von Ebner-Eschenbach, Ludwig Hohl, Roberto Juarroz, Stanislaw Jerzy Lec, Thomas S. Szasz, Arvo Valton. J’ai eu beaucoup de plaisir à traduire des auteurs espagnols avec l’aide de ma nièce Nora Moret (par exemple José Bergamin et Maria Zambrano)&nbsp;; et puis tout seul — «comme un grand» — je me suis essayé à la traduction de moralistes anglophones (Joseph Bartlett, Caleb Charles Colton, William Hazlitt, etc.), et j’ai trouvé très stimulant d’adapter le <em>wit</em> britannique, de trouver une sorte d’équivalent en français.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Vous avez travaillé sur la tradition et la modernité de l’aphorisme chez plusieurs auteurs du 20<sup>ème</sup> siècle. Pensez-vous que le genre parvient à se renouveler dans les écritures contemporaines&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Certainement, mais toujours en dialogue avec les traditions classiques et une certaine exigence gnomique, même si c’est le plus souvent dans le registre négatif, apophatique. Je viens de lire <em>La Gloire des petites choses </em>de Denis Groznatovitch, merveilleux essai inspiré par Georges Haldas, cité en épigraphe&nbsp;: <em>«Ce sont les choses imperceptibles — les impondérables — qui nous relient le plus souvent à l’essentiel. Qui vit en Etat de Poésie le sait mieux que tout autre. Et cela dans la mesure où il ne cesse d’en faire l’expérience. Titre éventuel pour un petit texte qui en témoignerait&nbsp;: La Gloire des petites choses.»</em></p>



<p>Par ailleurs Groznatovitch cite Roland Barthes&nbsp;: <em>«Ce qui est raconté ce n’est pas une aventure, ce sont des incidents. L’incident est simplement ce qui tombe doucement, comme une feuille, sur le tapis de la vie&nbsp;; c’est ce pli léger, fuyant, apporté au tissu des jours&nbsp;; c’est ce qui peut être </em>à peine<em> noté&nbsp;: une sorte de degré zéro de la notation, juste ce qu’il faut pour pouvoir écrire quelque chose.»</em></p>



<p>On pense au haïku, d’ailleurs invoqué par Groznatovitch, une poétique du presque rien, mais où se donne à lire, comme en filigrane, quelque chose d’éternel (<em>«sous les espèces de l’éternité»</em>, comme le dirait Spinoza).</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quels types d’aphorismes vous touchent le plus (épigrammes, maximes, aphorismes poétiques…)? Quels sont vos aphoristes préférés et pour quelles raisons&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Mon goût irait du côté de l’aphorisme poétique, de la notation, de l’incident au sens de Barthes, avec des auteurs comme Joubert ou Jourdan, ou encore Cioran dans ses <em>Carnets</em>.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quel recueil a eu un impact tout particulier dans votre vie&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> <em>Poteaux d’angle</em> de Michaux.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Pour finir, pourriez-vous nous citer un aphorisme qui est devenu pour vous une sorte de maxime de vie ?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Permettez-moi d’en citer trois&nbsp;: </p>



<p><em>«Passé un certain point, il n’y a plus de retour. Il faut atteindre ce point.»</em> Franz Kafka</p>



<p><em>«Avec tes défauts, pas de hâte. Ne vas pas à la légère les corriger. Qu’irais-tu mettre à la place ?» </em>Henri Michaux</p>



<p><em>«Une flamme traverse le sang. Passer de l’autre côté, en contournant la mort.»</em> Emil Cioran</p>



<p>Merci à Philippe Moret pour cet entretien passionnant et nous vous invitons à découvrir <em><a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-bouquin-des-aphorismes/9782221117132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Bouquin des aphorismes</a>, </em>publié en 2018 chez Robert Laffont<em> </em>et <em><a href="https://www.droz.org/france/product/9782600002141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tradition et modernité de l&rsquo;aphorisme</a></em>, paru chez Droz en 1997.</p>
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		<title>L’aphorisme au Mexique : grand entretien avec Javier Perucho</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jan 2017 11:51:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Javier Perucho]]></category>
		<category><![CDATA[Mexique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Photo : Pascual Borzelli Iglesias Docteur en lettres de la Universidad autonoma de Mexico (UNAM), Javier Perucho est éditeur, romancier, essayiste et historien littéraire des genres mineurs. Il a publié à propos du microrécit La música de las sirenas (FOEM, 2013); Dinosaurios de papel. El cuento brevísimo en México (UNAM,&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Photo : Pascual Borzelli Iglesias</em></p>
<p>Docteur en lettres de la Universidad autonoma de Mexico (UNAM), Javier Perucho est éditeur, romancier, essayiste et historien littéraire des genres mineurs. <span lang="es-ES">Il a publié à propos du microrécit </span><span lang="es-ES"><i>La música de las sirenas</i></span><span lang="es-ES"> (</span><span lang="es-ES">FOEM</span><span lang="es-ES">, 2013)</span><span lang="es-ES">; </span><span lang="es-ES"><i>Dinosaurios de papel. El cuento brevísimo en México</i></span><span lang="es-ES"> (UNAM, 2009); </span><span lang="es-ES"><i>Yo no canto, Ulises, cuento. La sirena en el microrrelato mexicano</i></span><span lang="es-ES"> (Fósforo, 2008); et </span><span lang="es-ES"><i>El cuento jíbaro. </i></span><i>Antología del microrrelato mexicano</i> (Ficticia, 2006). Il s’intéresse également à l’aphorisme, autre muse mineure, dans des textes comme <i>“Escrituras privadas, lecturas públicas. </i><span lang="es-ES"><i>El aforismo en México. Historia y antología” </i></span><span lang="es-ES">(en cours), ou des rééditions comme </span><span lang="es-ES"><i>Breves notas tomadas en la escuela de la vida </i></span><span lang="es-ES">(</span><span lang="es-ES">CNCA, 2015) de</span><span lang="es-ES"> Francisco Sosa et </span><span lang="es-ES"><i>Penitencia y rehabilitación. </i></span><i>Aforismos</i> (Renacimiento, 2016) de Maximilien de Habsbourg.</p>
<p><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Dans quel recueil peut-on trouver, à votre avis, la meilleure définition de l’aphorisme? Pouvez-vous nous la citer?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Javier Perucho :</u> Je n’ai jusqu’à présent pas trouvé de définition assez satisfaisante de l’aphorisme pour l&rsquo;épouser complètement. Cependant, je vous ai composé un bouquet d&rsquo;expressions qui permettent de contempler son extraordinaire puissance symbolique. Citons, par exemple :</p>
<p align="LEFT"><i>« Les aphorismes sont des coups de feu tirés en l’air. »</i> José Antonio Ramos Sucre, <i>Granizada</i></p>
<p align="LEFT"><i>«Tous ceux qui écrivent des pensées, ou des maximes, sont des charlatans qui jettent de la poudre aux yeux. Il n&rsquo;y a rien de si aisé que de faire ainsi un livre. Je veux essayer. On est tenu à rien; on quitte et on reprend l&rsquo;ouvrage quand on veut. Cela me convient très fort. Ils disent presque tous des choses communes ou fausses, ou énigmatiques ; il ne faut point donner à disserter, mais à penser. » </i>Le Prince de Ligne, <i>Fragments de l’histoire de ma vie</i></p>
<p align="LEFT"><i>« Ne dites jamais que j&rsquo;écris des aphorismes. Je me sentirais humilié. » Antonio Porchia, Voix</i></p>
<p align="LEFT">De plus, en tant qu’éditeur, j’ai demandé à un aphoriste de se livrer à un exercice insolite : élaborer un décalogue de l’aphorisme. Leonardo Rosenberg s’est prêté au jeu et je vous invite à prendre connaissance du résultat <a href="http://cuatario.blogspot.fr/2015/04/el-rey-del-escupitajo.html" target="_blank" rel="noopener">via ce lien qui renvoie sur mon blog Miretario</a>. Pour terminer de répondre à votre question, je vous recommande la lecture des <i>Sentencias y disidencias</i> (Ciudad de México, 1986) du même auteur.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi</b></u><u> :</u> <b>D’où vient votre gout pour la brièveté? Un livre, en particulier, qui aurait suscité cet intérêt ?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Javier Perucho :</u> Pour répondre à votre question, il me faut légèrement revenir en arrière afin de vous expliquer mon penchant pour les architectures de la brièveté. Tout d’abord, j&rsquo;ai commencé par explorer l’histoire du microrécit au Mexique, exploration qui m’a conduit à écrire, entre autres, <i>Dinausorios de papel</i>. J’ai considéré ensuite que l’étude de ce « quatrième » genre littéraire commençait à être plus qu’exhaustive et qu’il n&rsquo;y avait plus grand-chose à apporter en la matière.</p>
<p align="LEFT">J’ai donc concentré toute mon attention, temps et efforts à la réhabilitation, l&rsquo;histoire et l’anthologie de l’aphorisme mexicain, sans pour autant mettre de côté le « dossier » microrécit et les anthologies qui y sont consacrées. Maintenant, je mène une enquête sur l’aphorisme en terre mexicaine : repérage, recensement, corpus et scolies sont autant d’indices. Mes efforts résident, en ce moment, dans ma volonté de l’historiographier, d’engager son appréhension critique et de constituer un florilège fondé sur des critères scientifiques.</p>
<p align="LEFT">Dans les archives littéraires d’Amérique Latine, il n’existe rien de tel. Il en va de même pour l’Espagne ou la France, les mystères du monde universitaire et de la république des lettres… Des hypothèses pour expliquer l’absence d’études critiques sur ce genre ? Marginal ? Peu pertinent? Combler ce vide constitue un véritable défi et défendre ce genre orphelin est une priorité si l’on veut apporter notre minuscule grain de sable à l&rsquo;étude de la littérature.</p>
<p><u><b>Aphorismundi :</b></u> <b>Avez-vous lu beaucoup de recueils d&rsquo;aphorismes français? Quels sont ceux que vous préférez?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Javier Perucho :</u> Je lis des auteurs aussi bien latino-américains que français, espagnols, italiens ou allemands, généralement dans leurs traductions en espagnol, avec la perte de sens qui va avec, bien évidemment. Malheureusement, trouver des recueils dans leur langue d’origine est souvent compliqué et constitue un investissement considérable.</p>
<p align="LEFT">J’ai, toutefois, une affection particulière pour les auteurs latino-américains du XXe siècle: José Antonio Ramos Sucre, Nicolás Gómez Dávila et Antonio Porchia. Et j’aime aussi me retrouver en compagnie de ces maîtres d&rsquo;un autre temps : G. C. Lichtenberg, Franz Kafka et Karl Kraus.</p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi</b></u></span><span lang="fr-FR"><u> </u></span><span lang="fr-FR">: </span><span lang="fr-FR"><b>Existent-ils, à votre avis, des liens entre la tradition aphoristique européenne et l’écriture aphoristique mexicaine? S’ils existent, de quelles natures sont-ils?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span> <span lang="fr-FR">Bien sûr, des liens se sont tissés à partir du moment où on a traduit en espagnol mexicain les aphorismes d’Hippocrate qui constituent la source première de toute étude de l’aphorisme. Au Mexique, c’est ainsi qu’a démarré la tradition de greffer à notre littérature l’écriture aphoristique européenne, dont on peut voir également les premiers implants dans la traduction et la publication des aphorismes de l&#8217;empereur Maximilien en 1869, peut-être la plus ancienne acclimatation du genre en terres mexicaines. À l&rsquo;heure actuelle, sont constamment publiées dans des magazines culturels des sélections d’aphorismes d’auteurs qui se sont illustrés dans ce genre, qu’ils soient mexicains ou non. Je pense à la revue Nexos, par exemple ou à la maison d’édition Cuadrivio qui possède une revue dédiée à ce genre. Soit dit en passant, la revue Plural, alors dirigée par Octavio Paz, fut la première à traduire, grâce à Esther Cohen, et à publier Emil Cioran en Amérique latine.</span></p>
<p><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Croyez-vous qu&rsquo;il existe des spécificités propres à l&rsquo;aphorisme mexicain? Si oui, quelles sont-elles?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span><span lang="fr-FR"> Grande question. Je dirais que linguistiquement oui, elles existent et qu’elles sont également d’ordre thématique et formelle. Deux exemples audacieux : un lecteur fanatique des poèmes de Francisco Hernandez les a transformés en un recueil d’aphorismes paru aux éditions Monte Carmelo en 2002. L&rsquo;écrivain Guillermo Fadanelli dans son roman </span><span lang="fr-FR"><i>Lodo</i></span><span lang="fr-FR"> publié chez Anagrama la même année a inséré des aphorismes dans les tirades de l’un de ses personnages, philosophe.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">De 1917 à nos jours, on peut retrouver des caractéristiques thématiques communes à tous les aphorismes : la misogynie, l’appel à la constitution d’une élite intellectuelle, la critique du pouvoir, la misanthropie, la vie quotidienne, la critique des coutumes, l’identité. Certes, ce sont des traits distinctifs du genre, mais également des singularités propres à l’expression aphoristique mexicaine.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi </b></u></span><span lang="fr-FR"><u>:</u></span> <span lang="fr-FR"><b>Par ailleurs, pourriez-vous nous décrire, selon vous, les moments clés de l&rsquo;histoire de l&rsquo;aphorisme mexicain à travers quelques recueils représentatifs du genre?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span><span lang="fr-FR"> Le premier recueil pleinement aphoristique du XXe siècle au Mexique, a été publié en 1910, et s’intitule </span><span lang="fr-FR"><i>Breves notas tomadas en la escuela de la vida</i></span><span lang="fr-FR">. Son auteur Francisco Sosa a été député, maire et académicien. Rien de l’épisode révolutionnaire qui approchait ne transparaît dans ce livre. Ce ne fut qu&rsquo;en 1917 que cette sanglante révolution apparut dans les </span><span lang="fr-FR"><i>Essais et poèmes</i></span><span lang="fr-FR"> de Julio Torri, artisan de l’esthétique de la brièveté au Mexique, œuvre tenant toutefois plus du microrécit que de l’aphorisme.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Alfonso Reyes et Octavio Paz imprimèrent également leur marque aphoristique dans leurs œuvres complètes respectives. J’invite les lecteurs d’Aphorismundi à y jeter un œil afin de les apprécier au mieux. Par ailleurs, Salvador Elizondo dans son </span><span lang="fr-FR"><i>Cuaderno de</i></span> <span lang="fr-FR"><i>escritura</i></span><span lang="fr-FR"> publié en 2000 et José Emilio Pacheco dans </span><span lang="fr-FR"><i>Letras minusculas</i></span><span lang="fr-FR"> en 1978 ont réuni leurs pensées fulgurantes sous forme de livres ou de publications périodiques. </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Les républicains espagnols exilés au Mexique ont également composé des œuvres aphoristiques très diverses que l’on peut retrouver dans : </span><span lang="fr-FR"><i>Aforismos de la cabeza parlante</i></span><span lang="fr-FR"> de Jose Bergamin, </span><span lang="fr-FR"><i>Obras completas </i></span><span lang="fr-FR">de José Gaos, </span><span lang="fr-FR"><i>Revoleras</i></span><span lang="fr-FR"> d’Alvaro de Albornoz y Salas ou les </span><span lang="fr-FR"><i>Máximas mínimas </i></span><span lang="fr-FR">d’</span><span lang="fr-FR">Enrique</span><i> </i><span lang="fr-FR">Jardiel Poncela. La diaspora latino-américaine n’est pas en reste avec des recueils tels que :</span><span lang="fr-FR"><i> El paso del ganso. </i></span><span lang="es-ES"><i>Fábulas y relatos </i></span><span lang="es-ES">d</span><span lang="es-ES">’Alejandro Jodorowsky et </span><span lang="es-ES"><i>Lo demás es silencio [La vida y la obra de Eduardo Torres] </i></span><span lang="es-ES">d’</span><span lang="es-ES">Augusto Monterroso.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">L’aphoristique féminine a su également tracer sa voie particulière. Le premier recueil d’aphorismes écrit par une femme, et que j’ai pu répertorier à ce moment précis de ma recherche, a été publié par </span><span lang="fr-FR">Ana de Gómez Mayorga avec </span><span lang="fr-FR">son </span><span lang="fr-FR"><i>Río de las horas </i></span><span lang="fr-FR">paru en 1946. Par la suite, </span><span lang="fr-FR">d’autres femmes suivirent le chemin ouvert par</span><span lang="fr-FR"> cette auteure </span><span lang="fr-FR">: </span><span lang="fr-FR">Esther Seligson avec </span><span lang="fr-FR"><i>Cicatrices </i></span><span lang="fr-FR">en</span><i> </i><span lang="fr-FR">2009 ; Leticia Herrera avec </span><span lang="fr-FR"><i>Celebración del vértigo. </i></span><span lang="es-ES"><i>Aforismos </i></span><span lang="es-ES">en</span><i> </i><span lang="es-ES">2011; Mariana Frenk-Westheim avec ses </span><span lang="es-ES"><i>Aforismos, cuentos y otras aventuras </i></span><span lang="es-ES">en</span><i> </i><span lang="es-ES">2013); </span><span lang="es-ES">Merlina Acevedo avec </span><span lang="es-ES"><i>Relojes de arena, palíndromos. </i></span><span lang="fr-FR"><i>Peones de Troya, aforismos en </i></span><span lang="fr-FR">2013) et </span><span lang="fr-FR">Anna Kullick Lackner avec </span><span lang="fr-FR"><i>Annaforismos </i></span><span lang="fr-FR">en</span><i> </i><span lang="fr-FR">2015, entre autres femmes, qui naviguent dans les canaux de la pensé lapidaire. </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Quelles sont, selon vous, aujourd’hui les œuvres d&rsquo;aphoristes mexicains contemporains engagés à renouveler le genre? Quelles sont vos préférées?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span><span lang="fr-FR"> J</span><span lang="fr-FR">e réponds à votre question par une petite liste des auteurs et des œuvres publiées dans l&rsquo;ordre chronologique de leurs parutions :</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="es-ES">Carlos Díaz Dufoo (hijo), </span><span lang="es-ES"><i>Epigramas</i></span><span lang="es-ES"> (</span><span lang="es-ES">Ediciones de Bellas Artes, 1967</span><span lang="es-ES">); </span><span lang="es-ES">Francisco León González, </span><span lang="es-ES"><i>El gesto de la angustia </i></span><span lang="es-ES">(EOSA, 1987); </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="es-ES">Luis Ignacio Helguera, </span><span lang="es-ES"><i>Traspatios</i></span><span lang="es-ES"> (FCE, 1989); </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="es-ES">Guillermo Fadanelli, </span><span lang="es-ES"><i>Dios siempre se equivoca </i></span><span lang="es-ES">(Joaquín Mortiz, 2004); </span><span lang="es-ES">Adolfo Castañón, </span><span lang="es-ES"><i>La belleza es lo esencial </i></span><span lang="es-ES">(Ediciones sin Nombre, 2005);</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="es-ES">Armando González Torres, </span><span lang="es-ES"><i>Eso que ilumina el mundo</i></span><span lang="es-ES"> (Almadía, 2006); </span><span lang="es-ES">Fernando Curiel, </span><span lang="es-ES"><i>Tren subterráneo</i></span><span lang="es-ES"> (Sonidos Urbanos, 2009); </span><span lang="es-ES">Mariana Frenk-Westheim, </span><span lang="es-ES"><i>Aforismos, cuentos y otras aventuras</i></span><span lang="es-ES"> (FCE, 2013); </span><span lang="es-ES">Leonardo da Jandra, </span><span lang="es-ES"><i>Mínimas</i></span><span lang="es-ES"> (Almadía, 2013);</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="es-ES">José Manuel García García, </span><span lang="es-ES"><i>Microagniciones</i></span><span lang="es-ES"> (Revista Arenas Blancas, 2015). </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Quel avenir voyez-vous pour l&rsquo;aphorisme au Mexique?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span><span lang="fr-FR"> Je répondrai de manière aphoristique : Son passé est son avenir.</span></p>
<p><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Quel recueil d&rsquo;aphorismes conseillerez-vous à nos lecteurs hispanophones?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span> <span lang="fr-FR">Outre ceux que j’ai déjà mentionnés, je suggérerais: </span><span lang="fr-FR"><i>Lapidario. </i></span><span lang="es-ES"><i>Antología del aforismo mexicano</i></span><span lang="es-ES"> de Hiram Barrios; </span><span lang="es-ES"><i>Breves notas tomadas en la escuela de la vida </i></span><span lang="es-ES">de Francisco Sosa et </span><span lang="es-ES"><i>Penitencia y rehabilitación </i></span><span lang="es-ES">de Maximilen de Habsbourg.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Quel recueil d&rsquo;aphorismes lisez-vous en ce moment ou quel est le dernier recueil que vous ayez lu?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span> <span lang="fr-FR">J’aimerais souligner les soins apportés à l&rsquo;édition du dernier livre d’Armando Gonzalez Torres, </span><span lang="fr-FR"><i>Es el decir el que decide</i></span> <span lang="fr-FR">publié chez Cuadrivio et j’ai, par ailleurs, signé le texte liminaire de </span><span lang="fr-FR"><i>La sonrisa de Proteo </i></span><span lang="fr-FR">de Benjamin Barajas publié par le Gouvernement de l’État de Michoacan. </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Sinon, en ce moment même, je lis </span><span lang="fr-FR"><i>La balada de Cioran y otras exhalaciones</i></span><span lang="fr-FR"> de Josu Landa, poète, essayiste et conteur vénézuélien qui vit au Mexique.</span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Je suis constamment à la recherche de livres au caractère aphoristique que ce soit chez les bouquinistes de Mexico ou dans les marchés aux puces où se vendent également de vieilles revues. Quand j’ai la chance de trouver un recueil, cela relève souvent de la découverte archéologique qui se mue en une véritable révélation littéraire.</span></p>
<p><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Pour conclure cette entretien, pouvez-vous me citer un aphorisme que vous aimez particulièrement dans ces œuvres?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span> <span lang="fr-FR"><i>« Il voulait éduquer les animaux comme ses fils et leur laisser un héritage, mais ce fut lui qui fut civilisé par les bêtes, qui lui firent découvrir les nuages, la nuit et le vent. »</i></span><span lang="fr-FR"> Armando González Torres, </span><span lang="fr-FR"><i>Es el decir el que decide</i></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><i>« Pour les théoriciens du communisme classique, donner à manger à un mendiant est un acte contre-révolutionnaire; pour les impérialistes, y compris Mère Teresa, c’est un acte de piété, seul le nécessiteux, sous sa cape, se rie de tous. »</i></span><span lang="fr-FR"> Benjamin Barajas, </span><span lang="fr-FR"><i>La sonrisa de Proteo</i></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><i>« L&rsquo;enfer, c’est les autres. Génial, Monsieur Sartre! Mais, quid d’un monde sans aucun autre? Serait-ce le paradis? »</i></span><span lang="fr-FR"> Josu Landa, </span><span lang="fr-FR"><i>La balada de Cioran y otras exhalaciones</i></span></p>
<p><span lang="fr-FR"><u><b>Aphorismundi :</b></u></span> <span lang="fr-FR"><b>Question complémentaire: Quelle question ne vous ai-je pas posé, au cours de cet entretien, et à laquelle vous auriez aimé répondre ? Pourriez-vous nous la formuler et y répondre?</b></span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR"><u>Javier Perucho :</u></span> <span lang="fr-FR">Très bien. Ma question est donc : Qu’est-ce qu’un aphorisme ? </span></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Comme la sentence ou le refrain, paradigmes de l’oralité avec lesquels il partage son caractère laconique et concis, l&rsquo;aphorisme résume des expériences de vie, mais contrairement à ces derniers paradigmes qui sont anonymes et collectifs, l’aphorisme naît du travail d’un auteur qui réaffirme son identité et ne parle pas nécessairement au nom d&rsquo;une communauté. Il ne prétend pas enseigner une quelconque leçon de vie ou de morale, bien que le consensus soit l&rsquo;un de ses objectifs intrinsèques. Ceux qui pratiquent ce genre expriment leurs esprits et ses dispositions, le partagent, mais n’incitent pas nécessairement à agir. En se débarrassant de sa prétention à vouloir professer ou se faire le porte-parole de quoi que ce soit ou qui que ce soit, l&rsquo;aphorisme trouve une certaine pérennité dans la modernité, qui l’entraîne jusqu’à son ultime frontière qu’Elizondo définit paradoxalement en ces termes : </span><span lang="fr-FR"><i>« Un aphorisme, c’est toujours la définition arbitraire de quelque chose d’improbable, mais vrai. »</i></span></p>
<p align="LEFT"><b><span lang="fr-FR"><u>Aphorismundi :</u></span><span lang="fr-FR"> Merci Javier Perucho pour cet entretien très éclairant au sujet de l&rsquo;aphorisme mexicain. </span></b></p>
<p align="LEFT"><span lang="fr-FR">Vous pouvez, par ailleurs, suivre l&rsquo;avancée des travaux littéraires de Javier Perucho sur les formes brèves sur les sites <a href="http://cuatario.blogspot.com/" target="_blank" rel="noopener">Miretario</a>, <a href="http://huellasmexicanas.org/revista/" target="_blank" rel="noopener">El Brazo y la Espalda</a> et <a href="http://cuentoenred.xoc.uam.mx" target="_blank" rel="noopener">El Cuento en red</a>. </span></p>
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		<title>Surréalisme et aphorisme : rencontre avec Marie-Paule Berranger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Oct 2016 12:39:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Paule Berranger]]></category>
		<category><![CDATA[Surréalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec Marie-Paule Berranger, professeur de littérature française du 20ème siècle à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, spécialiste du surréalisme, de la modernité et des avant-gardes. Particulièrement intéressée par l&#8217;aphorisme, elle a publié, en 1988, une ouvrage consacré à l&#8217;aphorisme surréaliste intitulé Dépaysement de l&#8217;aphorisme aux éditions José Corti.&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Entretien avec Marie-Paule Berranger, p<span style="color: #1b1b1b;">rofesseur de littérature française du 20</span><span style="color: #1b1b1b;"><sup>ème</sup></span><span style="color: #1b1b1b;"> siècle à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, spécialiste du surréalisme, de la modernité et des avant-gardes. Particulièrement intéressée par l&rsquo;aphorisme, elle </span>a publié, en 1988, une ouvrage consacré à l&rsquo;aphorisme surréaliste intitulé <a href="http://www.jose-corti.fr/titreslesessais/depaysement-de-apho.html" target="_blank" rel="noopener"><i>Dépaysement de l&rsquo;aphorisme </i>aux éditions José Corti</a>.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi : </b></u><b>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un aphorisme? Comment définiriez-vous cette forme et quelles en sont, pour vous, les propriétés principales ?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> J&rsquo;aurais du mal à le définir parce que justement ce n&rsquo;est pas une forme à proprement parler. A certaines époques, il a pu se cristalliser dans des formes comme par exemple la maxime au 17<sup>ème</sup> siècle. D&rsquo;une certaine manière, je dirai qu&rsquo;il n&rsquo;existe que dans ses avatars et certains de ses avatars sont des formes très cristallisées comme l&rsquo;est la maxime. Mais si je pense à l&rsquo;aphorisme poétique tel qu&rsquo;il évolue au 20<sup>ème</sup> siècle, on peut trouver des constantes et notamment une certaine tendance à la brièveté oraculaire, par exemple chez René Char, qui se retrouve aussi chez d&rsquo;autres poètes comme Michaux.</p>
<p align="LEFT">Il y a certaines autres constantes repérables qui peuvent être de l&rsquo;ordre du précepte avec l&#8217;emploi de l&rsquo;infinitif &#8211; quelque chose qui n’excédera pas une ligne ou deux et qui a tendance à se cristalliser dans une phrase. La tendance à la brièveté fait donc qu&rsquo;il y a toujours l&rsquo;aspect formulaire de l&rsquo;aphorisme, quelque chose qui vise une satisfaction de l&rsquo;esprit par la rapidité mais selon les époques, ce n&rsquo;est pas toujours une forme. Ça peut en être plusieurs. C&rsquo;est donc une définition déceptive que je peux vous proposer.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Quand, dans votre carrière, avez-vous commencé à vous intéresser de plus près à l&rsquo;aphorisme et dans quelles circonstances? </b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> Rétrospectivement, je dirais qu&rsquo;il y avait sans doute un phénomène de mode dont je n&rsquo;étais pas consciente à l&rsquo;époque. La formule a commencé à me plaire lorsque j&rsquo;étais au lycée, quand j&rsquo;ai lu Nieztsche en seconde : <i>Ainsi parlait Zathoustra</i>. On n’est pas dans l&rsquo;aphoristique à proprement parler, mais on est dans cet art de la formule extraordinairement frappante qui a en même temps une qualité poétique. Cela a pu orienter mon esprit vers des phrases qui sont à la fois philosophiques et poétiques.</p>
<p align="LEFT">Ensuite, au lycée et au cours de mes études, sans en avoir vraiment conscience, j&rsquo;ai été captée par des phrases et des formules. C&rsquo;est l&rsquo;époque où j&rsquo;ai découvert les surréalistes, j&rsquo;ai lu les <i>Champs magnétiques</i> et <i>Clair de Terre. </i>En maîtrise, j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de travailler sur le surréalisme en Espagne qui cultive un grand art de la pointe et de la brièveté avec les greguerías de Ramón Gómez de la Serna et les diableries de José Bergamín. Au contact du surréalisme et de ses entourages, je retrouvais donc des formes brèves.</p>
<p align="LEFT">Puis, quand j&rsquo;ai voulu faire une thèse sur le surréalisme, en pleine époque post-structuraliste, les structures m&rsquo;ont paru une bonne façon d&rsquo;aborder plusieurs auteurs. C&rsquo;est comme ça que je suis allée vers des formes, vers des genres et l&rsquo;aphorisme en était un qui n&rsquo;était pas étudié, ni considéré comme tel. Il y avait aussi une petite partie de provocation parce que le surréalisme était souvent caractérisé par la logorrhée. Moi, au contraire, j&rsquo;étais frappée par le talent pamphlétaire des surréalistes et par leur art de la formule qui fait mouche.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Vous parlez des surréalistes. Existe-t-il, selon vous, une spécificité de l&rsquo;aphorisme chez les surréalistes et si oui comment la définiriez-vous ?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;enjeux de genre ou de rhétorique chez les surréalistes. Tout cela reste un outil secondaire et leurs proclamations vont dans ce sens. Leurs pratiques sont souvent transgénériques même si la rhétorique joue tout de même un rôle dans leur écriture. Mais je crois que ce n&rsquo;est pas là que porte leur volonté de rupture. Seulement la brièveté et sa force d&rsquo;impact est quelque chose de bien adapté à la pugnacité d&rsquo;une avant-garde, aux volontés d&rsquo;agresser, de choquer, de provoquer. Le caractère expéditif de l&rsquo;aphorisme plaît donc à Dada et aux futuristes. Marinetti, par exemple, possède un véritable art de la formule.</p>
<p align="LEFT">Par sa nature même, l&rsquo;aphorisme affirme une sorte de préséance des structures et maintient très fortement l&rsquo;impact de la phrase. Chez les surréalistes, la formule jaillit facilement de l&rsquo;automatisme comme <i>« Pneus, pattes de velours »</i>. Le dernier recueil de poésie d&rsquo;André Breton, en 1960, se résume ainsi à quatre phrases, chacune tenant sur une page.</p>
<p align="LEFT">Je pense donc qu&rsquo;en ce sens, il y une spécificité surréaliste de la formule culminant dans un aphorisme qui tiendrait dans une image jaillie.</p>
<p align="LEFT">Une autre spécificité est l&#8217;emploi du jeu de mot. L&rsquo;aphorisme met en évidence dans le surréalisme un contact entre la poésie et le jeu verbal. Dans <i>Rrose Sélavy</i> de Robert Desnos et dans <i>Glossaire, j&rsquo;y serre mes gloses</i> de Leiris, on est vraiment du côté du jeu de mot cristallisé en formule qui devient une phrase très poétique chez Desnos. Cette récupération du jeu de mots chez certains auteurs est éminemment surréaliste.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Quels sont les aphoristes qui vous ont le plus marqué et pourquoi ?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> Le premier qui me vient à l&rsquo;esprit, c&rsquo;est Lichtenberg, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas écrit des aphorismes mais plutôt des pensées. Cioran m&rsquo;a aussi beaucoup plu et retenu si on pense au <i>Précis de décomposition</i>.</p>
<p align="LEFT">Mais, c&rsquo;est quand même plutôt du coté de la poésie que sont les aphorismes que je préfère et en particulier ceux de Michaux, dans <i>Tranches de savoir</i>. J&rsquo;aime beaucoup également <i>Glossaire, j&rsquo;y serre mes gloses</i> de Leiris, plein de profondeur métalinguistique et métaphysique, tout cela dans la condensation d&rsquo;un jeu de mot qui est en même temps une définition.</p>
<p align="LEFT">J&rsquo;aime bien <i>Fureur et mystère</i> de René Char que je trouve très fort et puis <i>Rrose Selavy</i> de Desnos qui est pour moi une réussite formidable.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi </b></u><b>: Pensez-vous que l&rsquo;aphorisme ait encore un bel avenir devant lui? Pour vous, correspond-il, au-delà de sa structure, à une réalité sociale ou politique : par exemple, chez les surréalistes ?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> Chez les surréalistes, il est très clair que le goût de l&rsquo;aphorisme est concomitant avec l&rsquo;intérêt qu&rsquo;ils éprouvent pour la réclame ou la publicité. Robert Desnos avait une émission à la radio. Il a inventé un nombre de slogans et saynètes très important dans les années 30 et a travaillé pour l’agence <i>Foniric</i> qui produisait des émissions de radio financées par des firmes pour lesquelles il fallait créer des slogans. Il a composé des slogans désopilants pour « Le bon vermifug’Lune », L’Anis berger, L’Amer Picon ou le Vin de Frileuse. L&rsquo;activé du jeu de mot poétique et celle de la réclame n&rsquo;étaient donc pas antagonistes. Ensuite, tout cela a évolué au cours du 20<sup>ème</sup> siècle mais à la fin des années vingt et dans les années trente, c&rsquo;était vraiment un lieu de création avec de grands moyens poétiques. Aujourd&rsquo;hui, on continue d&rsquo;en voir dans la réclame mais les formes de la brièveté sont surtout commandées par le format des messages sur certains réseaux sociaux comme Twitter. Personnellement, je trouve que dans la plupart des cas, leur utilisation entraîne une communication précipitée et des pensées tronquées mais on peut imaginer, dans le meilleur des cas, et cela arrive, que des gens qui sont justement des « poètes de l’aphorisme » utilisent très bien Twitter. Par exemple, quand les Oulipiens s&rsquo;en emparent, c&rsquo;est assez jubilatoire.</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Pour conclure cet entretien, pouvez-vous me citer le premier aphorisme qui vous vient à l&rsquo;esprit?</b></p>
<p align="LEFT"><u>Marie-Paule Berranger :</u> Ce sera malheureusement très banal, je le regrette mais je le garde quand même parce qu&rsquo;il est adapté à l&rsquo;écriture aphoristique, c&rsquo;est : <i>« L&rsquo;éclair me dure »</i> de René Char. Ce n&rsquo;est pas inédit du tout, on l&rsquo;entend partout mais c&rsquo;est la condensation même de la nature de l&rsquo;aphorisme qui est de s&rsquo;épanouir dans la durée pour la penser à partir d&rsquo;une fulgurance. On ne peut pas faire mieux en moins de mots.</p>
<p align="LEFT">Sinon, vous prenez n&rsquo;importe lequel des <i>Rrose Selavy</i> de Robert Desnos. Par exemple celui-ci <em>« Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir »</em>…</p>
<p align="LEFT"><u><b>Aphorismundi :</b></u><b> Merci Marie-Paule Berranger d&rsquo;avoir répondu à toutes nos questions.</b></p>
<p align="LEFT">Pour finir, nous souhaitons encore remercier Marie-Paule Berranger pour le temps qu&rsquo;elle a bien voulu nous accorder dans le cadre de cet entretien passionnant. Nous espérons qu&rsquo;il aura su vous intéresser et attendons vos réactions dans les commentaires.</p>
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		<title>Poétique de l&#8217;être humain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2015 09:41:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[poétique]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Cremer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tandis qu&#8217;aux invisibles il faudrait un œil qui les regarde depuis sa clôture et les aime en dedans. » Cet aphorisme poétique se veut une mesure obscure et délicate dans la partition lumineuse des Prolégomènes à toute poésie de Stéphane Crémer. Qu&#8217;y-a-t-il avant la poésie ? Quels sont les axiomes qui régissent&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« Tandis qu&rsquo;aux invisibles il faudrait un œil qui les regarde depuis sa clôture et les aime en dedans. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cet aphorisme poétique se veut une mesure obscure et délicate dans la partition lumineuse des <i>Prolégomènes à toute poésie</i> de Stéphane Crémer. Qu&rsquo;y-a-t-il avant la poésie ? Quels sont les axiomes qui régissent son écriture ? Ce sont ces questions auquel ce long poème musical composé d&rsquo;aphorismes semblent vouloir répondre.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Le présent étant infini, le temps ne s&rsquo;y voit pas passer ; mais nous aurons tout vécu et ce futur nous est donné puisqu&rsquo;il est acquis que nous y sommes infiniment engagés. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ces <i>Prolégomènes</i> interviennent comme la tentative fragile de saisir l&rsquo;acte poétique en lui-même et donnent à appréhender en creux une définition de la création artistique. Cette introduction à la poésie proposée par l&rsquo;écrivain se fait expérience métaphysique voire chamanique de l&rsquo;écriture. Rien n&rsquo;est dit, tout se susurre et l’ellipse propre à l&rsquo;aphorisme sert cet esthétique oraculaire.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Profiter de n&rsquo;être rien pour dire tout en plein silence. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ce livre sonore est d&rsquo;une magnifique facture : du langage ciselé à la composition rigoureuse. Le poète y est un Robinson dont l’île est la langue et les pierres les mots. S&rsquo;y bâtit une ode à la création, à l&rsquo;inutilité et à la vitalité de l&rsquo;acte poétique, en particulier dans les apartés qui ponctuent le poème. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« D&rsquo;un désert qui leste les mots de ses soleils de plomb, nourrisse les phrases de ses sables mouvants, garder l&rsquo;espoir : contre le règne du seul métronome d&rsquo;en haut d&rsquo;où battent mécaniquement le jour et la nuit et leur mesure qui s&rsquo;en suit de morts à la queue leu leu, soudaines ou lentes mais toujours prévues puis consacrées, inaugurées au rebours de leurs processions&#8230; Quelle farce ! »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Au bout de cet épopée du verbe poétique, les dernières paroles du poème qui émeuvent aux larmes par leur sincérité et leur simplicité. Stéphane Crémer semble y exprimer ce que l&rsquo;on serait tenté de désigner comme un art poétique : continuer humblement à forger cette matière-mot éternelle pour y dessiner sa langue d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, sans cesse mouvante.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Humble, dure, recluse attentive, soigneuse, chaque pierre gonfle le fleuve – ainsi chaque mot l&#8217;embouchure du silence. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Se détache de cette quête poétique, une quête plus universelle encore : celle de l&rsquo;homme et des chemins qu&rsquo;ils empruntent pour la mener à bien. Comme devise à ce cheminement métaphysique partagé par tout être humain, murmure la voix du poète :</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Ignorer où on va mais choisir d&rsquo;y aller. »</i></span></p>
<p><i>Prolégomènes à toute poésie, Stéphane Cremer, Éditions Isabelle Sauvage, 12,50 euros </i></p>
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		<title>L&#8217;aphorisme en questions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2015 09:19:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Max Frisch]]></category>
		<category><![CDATA[Questionnaires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Pouvez-vous imaginer un mariage sans humour ? » « Quand avez-vous cesser de croire que vous deveniez plus intelligent, ou bien le croyez-vous encore ? Indiquez l&#8217;âge. » Ces interrogations très ironiques, extraites de son Journal, sont l’œuvre de l&#8217;écrivain et architecte suisse allemand Max Frisch, rééditées avec soin par les Éditions Cent Pages. Ce&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« Pouvez-vous imaginer un mariage sans humour ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Quand avez-vous cesser de croire que vous deveniez plus intelligent, ou bien le croyez-vous encore ? Indiquez l&rsquo;âge. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ces interrogations très ironiques, extraites de son <i>Journal</i>, sont l’œuvre de l&rsquo;écrivain et architecte suisse allemand Max Frisch, rééditées avec soin par les Éditions Cent Pages. Ce petit livre énigmatique, à la couverture dorée sur laquelle est imprimé le chiffre « Dix », a de quoi intriguer le lecteur. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;">À</span> mi chemin entre le livre d&rsquo;art et le recueil d&rsquo;aphorismes, les <i>Questionnaires</i> de Max Frisch, d&rsquo;apparence débonnaires, s&rsquo;avèrent, en réalité, redoutables. En effet, ses questions, de prime abord, naïves, ont pour effet d&rsquo;interroger férocement le lecteur sur ses propres conventions intellectuelles, morales ou encore sociales.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Est-ce qu&rsquo;un goût commun se développe dans le mariage (comme l&rsquo;ameublement du logement conjugal le laisse présumer) ou lors de l&rsquo;achat d&rsquo;une lampe, d&rsquo;un tapis, d&rsquo;un vase, etc, se produit-il pour vous chaque fois une capitulation silencieuse ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Votre autocritique vous convainc-t-elle ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Sous le couvert d&rsquo;interrogations faussement candides, Max Frisch met à mal les certitudes que nous croyons détenir sur certaines notions. Le livre s&rsquo;appuie sur 10 questionnaires de 25 questions, chacune sur un thème précis comme le mariage, l&rsquo;humour, l&rsquo;argent ou encore la mort.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Les nombreuses et diverses questions sur un même thème, qui aboutissent souvent à l&rsquo;incertitude, soulignent l&rsquo;absurdité totale de nos conventions et nous invitent à repenser l&rsquo;échelle de nos valeurs. Interpellant directement le lecteur, Max Frisch, en moraliste contemporain, sonde les contradictions de notre âme et nous laisse en désarroi face à nous-mêmes.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Avez-vous peur des pauvres ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Quelle dose de pays natal vos faut-il ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Dérangeants, hilarants, les <i>Questionnaires</i> de Max Frisch sont à lire avec un plaisir sournois et à s&rsquo;échanger entre amis. Véritables coups de fouet sur le dos des évidences, ils partagent avec l&rsquo;aphorisme la même vertu : celle de l&rsquo;étonnement, au sens étymologique du terme, c&rsquo;est à dire être frappé par la foudre.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Lisez donc et pensez, interrogez la futilité de certaines de nos convictions, semble nous dire Max Frisch avec un sourire en coin :</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Avez vous peur de la mort et depuis quel âge ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Puis une page après :</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Que faites-vous contre ? »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>Questionnaires, Max Frisch, Éditions Cent Pages, 304 p., 15 euros</i></span></p>
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		<title>Le diplomate et l&#8217;aphorisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2015 05:43:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dargaud]]></category>
		<category><![CDATA[Quai d'Orsay]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Je me suis cherché moi-même. » Telle est la première phrase que l&#8217;on peut lire, à l&#8217;ouverture de la bande dessinée Quai d&#8217;Orsay, qui n&#8217;est autre qu&#8217;un aphorisme d&#8217;Héraclite. C&#8217;est dire l&#8217;importance du rôle que va jouer cette forme littéraire dans les Chroniques diplomatiques signées Lanzac et Blain. Dès le début&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Je me suis cherché moi-même. »</em></p>
<p>Telle est la première phrase que l&rsquo;on peut lire, à l&rsquo;ouverture de la bande dessinée <em>Quai d&rsquo;Orsay</em>, qui n&rsquo;est autre qu&rsquo;un aphorisme d&rsquo;Héraclite. C&rsquo;est dire l&rsquo;importance du rôle que va jouer cette forme littéraire dans les <em>Chroniques diplomatiques</em> signées Lanzac et Blain.</p>
<p>Dès le début de sa rencontre avec Arthur Vlaminck, son futur préposé aux langages, Alexandre Taillard de Vorms, le ministre, lui tend les <em>Pensées</em> de Mao et cite :</p>
<p><em>« Un petit nombre d&rsquo;hommes très déterminés peut changer le cours des choses. »</em></p>
<p>S&rsquo;ensuit alors un long discours sur l&rsquo;équilibre du monde qui corrobore cette citation de manière plus ou moins convaincante. Tout au long de la bande dessinée, Arthur Vlaminck, qui écrit les discours du ministre, devra intégrer des aphorismes au gré de la fantaisie et des amitiés de ce dernier, comme ceux du poète Hector Marlier :</p>
<p><em>« La paix est l&rsquo;appel du pèlerin à la bergère. »</em></p>
<p><em>« Point de mort pour qui puise aux sources de la nuit. »</em></p>
<p>Ces citations abstruses, qui n&rsquo;ont aucun rapport avec le discours à prononcer, forment un ressort comique essentielle de la bande dessinée. Outre la versatilité des opinions du ministre, l&rsquo;utilisation de l&rsquo;aphorisme au sens hermétique et son détournement construisent réellement <em>Quai d&rsquo;Orsay</em>, en particulier le premier tome.</p>
<p>Par exemple, lorsqu&rsquo;il est question de la crise des anchois en Europe, le directeur de cabinet Claude Maupas détourne les fragments d&rsquo;Héraclite, déjà très sibyllins, pour leur donner un sens comique :</p>
<p><em>« Les porcs se complaisent dans la fange plutôt que dans l&rsquo;eau pure »</em> et Maupas de détourner Héraclite <em>« L&rsquo;anchois se complaît dans les eaux espagnoles plutôt que dans les bateaux de pêche français. »</em></p>
<p><em>« De tous les hommes c&rsquo;est la part : se connaître eux-mêmes et bien penser. »</em> dont le détournement est <em>« De tous les anchois, c&rsquo;est la part, se connaître eux-mêmes et&#8230; »</em></p>
<p>L&rsquo;aphorisme est donc repris dans un sens comique et naît du décalage du sérieux philosophique avec son application à la crise des anchois.</p>
<p>Au centre du premier tome de <em>Quai d&rsquo;Orsay</em>, se situent donc les <em>Fragments</em> d&rsquo;Héraclite qui donnent le titre à chacun des chapitres et nourrissent réellement l&rsquo;intrigue. Comme l&rsquo;affirme le ministre, péremptoire, <em>« Tout est là-dedans. »</em> et chaque aphorisme tiré de ce recueil prête à rire tant il n&rsquo;est pas adapté aux situations décrites dans les <em>Chroniques diplomatiques</em>.</p>
<p><em>« La foudre gouverne tout. »</em> écrit Héraclite</p>
<p>Taillard de Vorms demande à Arthur de construire une intervention télévisée sur l&rsquo;état du monde avec de tels aphorismes, ce qui paraît irréaliste. Pour le ministre, Héraclite, c&rsquo;est du <em>« lourd »</em>, il faut donc le contenter en ajoutant des citations du philosophe aux discours de politique internationale.</p>
<p>Dans une moindre mesure, les aphorismes d&rsquo;Héraclite ponctuent également le film Quai d&rsquo;Orsay réalisé par Bertrand Tavernier et participent de sa narration.</p>
<p>Dans la bande dessinée ou le film, l&rsquo;aphorisme est donc autant source de construction que de dérision. Et ce n&rsquo;est pas l&rsquo;ultime aphorisme prononcé par Taillard de Vorms, dans le premier tome de la bande dessinée, qui fera exception à cette règle, en matière d&rsquo;incongruité :</p>
<p><em>«Ils ne comprennent pas comment ce qui s&rsquo;oppose à soi-même s&rsquo;accorde avec soi : ajustement de sens contraire, comme l&rsquo;arc et la lyre. »</em></p>
<p><em>Quai d&rsquo;Orsay, l&rsquo;Intégrale, Lanzac et Blain, Éditions Dargaud, 29,99 euros</em></p>
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		<title>Le Witz révolutionnaire de Heine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2015 09:32:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Editions de l'éclat]]></category>
		<category><![CDATA[Henrich Heine]]></category>
		<category><![CDATA[Mot d'esprit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Si ton œil t&#8217;irrite, arrache-le ; si ta main t&#8217;irrite, coupe-la ; si ta raison t&#8217;irrite, deviens catholique ». Cette pointe provocatrice de l&#8217;écrivain allemand du 19ème siècle, se trouve dans le petit recueil Poétique et politique du mot d&#8217;esprit chez Henrich Heine, publié par les Éditions de l&#8217;éclat. Sans traiter à proprement&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;"><i>« Si ton œil t&rsquo;irrite, arrache-le ; si ta main t&rsquo;irrite, coupe-la ; si ta raison t&rsquo;irrite, deviens catholique ».</i> </span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Cette pointe provocatrice de l&rsquo;écrivain allemand du 19<sup>ème</sup> siècle, se trouve dans le petit recueil <i>Poétique et politique du mot d&rsquo;esprit chez Henrich Heine</i>, publié par les Éditions de l&rsquo;éclat. Sans traiter à proprement parler de formes aphoristiques, il y est question d&rsquo;une notion capitale pour l&rsquo;aphorisme allemand : celle du Witz.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;"> Ce concept représente, au début de l&rsquo;Aufklärung, <i>« l&rsquo;idéal d&rsquo;un esprit critique et alerte »</i> et relève de l’esthétique du fragment et de la digression. Contrairement au génie qui peut se définir grâce à la simplicité et à la clarté, le Witz lui fait appel, tel le wit de John Locke, à <i>« la faculté de liaison synthétique, associative, vive et immédiate »</i>, selon Andreas B. Kilcher. Ainsi Heinrich Heine écrit-il ses <i>Tableaux de voyages</i> comme un <i>« rapiéçage de toutes sortes de chiffons »</i> qui lie plusieurs thèmes subversifs grâce à une narration épisodique. Dans cette œuvre fragmentaire, Heine fait un usage très politique du Witz pour se moquer des institutions comme l&rsquo;Eglise ou l&rsquo;Université. Il dira ainsi de la ville dans laquelle il a poursuivi ses études : <i>« Göttingën, célèbre par ses saucissons et son université. »</i> </span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Heine poursuit également sa mission iconoclaste en s&rsquo;attaquant à la censure ou la douane. <i>« Ils flairaient tout, fouillaient les chemises, les habits ; ils cherchaient à découvrir les dentelles, les bijouteries et les livres défendus. Ah ! maîtres fous ! qui cherchez dans ma malle ! Ce n&rsquo;est pas là que vous trouverez quelque chose. La contrebande que je porte avec moi, c&rsquo;est dans ma tête que je la cache. »</i> Le Witz chez Heine se veut donc libérateur de l&rsquo;oppression politique et contient des germes révolutionnaires. </span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Ce concept hérité des Lumières va, par la suite, innerver toute la création aphoristique allemande de Novalis, Jean Paul ou encore Schelgel. Mêmes des aphoristes du début du 20<sup>ème</sup> siècle comme Karl Kraus doivent beaucoup à cette notion absente de la langue française. </span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Le witz a aujourd&rsquo;hui pour signification, un <i>« bon mot »</i> ou un <i>« trait d&rsquo;esprit »</i>, et il se rapproche, en ce sens, de l&rsquo;aphorisme. La grande vertu de <i>Poétique et politique du mot d&rsquo;esprit chez Henrich Heine</i> est de rappeler les origines de ce concept et de définir son acception proprement politique dans l&rsquo;usage qu&rsquo;en fait Henrich Heine au sein de ses œuvres.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><i>Poétique et politique du mot d&rsquo;esprit chez Henrich Heine, Andreas B. Kilcher, Éditions de l&rsquo;éclat, 112 p., 7 euros</i></p>
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