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	<title>Aphorismes Archives - Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Cent phrases pour un chef d’œuvre</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/cent-phrases-pour-eventails-un-chef-doeuvre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2022 20:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cent phrases pour éventails]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[NRF]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Claudel]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>     Le camélia            comme une idée rouge                éclatante et froide Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de Cent phrases pour éventails de Paul Claudel&#160;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927,&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">     <em>Le
camélia            comme une idée
  rouge                  éclatante
                            et froide</em> </pre>



<p>Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de <em><a href="https://lcp.gallimard.fr/fr/products/cent-phrases-pour-eventails" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cent phrases pour éventails</a></em> de Paul Claudel&nbsp;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927, ou plutôt de dessiner des petits poèmes sur des éventails qui seront également ornés d’idéogrammes japonais. Il faut donc s’imaginer – ô délicieuse idée &#8211; s’éventer avec cette poésie, le souffle frais du vent faisant écho au souffle métaphorique des mots.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Éventail                        Ce ruban
                           demi-circulaire
                           est l’horizon
                           et la pointe du
                           triangle est l’
                                                    oeil</em></pre>



<p>Initialement parues, au Japon, sous forme d’éventails ou d’accordéons de papier, dépliables à l’orientale, les « phrases » de ce recueil seront finalement publiées, en France, en 1942, accompagnées d’une préface de l’auteur. Dans sa volonté de brouiller les frontières aussi bien géographiques que poétiques, Paul Claudel n’hésite pas à mêler la tradition japonaise des haïkus et des idéogrammes à la poésie occidentale pour donner naissance à une écriture très libre, conviant le lecteur à un voyage dépaysant et inédit.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Quatre              La couleur et la
heures             lumière      le soleil
   du                 et la lune           se
matin              mêlent    comme
                       l’eau avec le vin</em></pre>



<p>Grâce à la disposition singulière des mots sur l’éventail, la lecture devient un espace ludique. Elle peut s’effectuer de manière aussi bien verticale qu’horizontale, célébrant ainsi la liberté du lecteur. Certains mots se disloquent. Les lettres, par la sensualité de leurs courbes, la rigidité de leurs traits, deviennent des idéogrammes. Dans cette épure poétique où se confondent Orient et Occident, Paul Claudel nous invite à une contemplation sereine de la nature où les dieux millénaires se prélassent à l’ombre des cèdres et des glycines.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">   <em>La                   du      printemps
danse              deplusenplusvite
                        àlamesuredeschoses
                        qui croissentetse
                                   m
                           u l t i p l i e n t</em></pre>



<p>L’auteur se joue de toutes les traditions littéraires, y compris celle de l’aphorisme, pour créer une unité de sens unique et poétique : «&nbsp;la phrase&nbsp;». La beauté des pivoines, la fumée de l’encens, le ruissellement de l’eau, laissez-vous emporter par le flot des images et le souffle poétique si singulier de ce chef d’œuvre inclassable&#8230;</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Moins             la rougeur
                       de la pourpre
                       que le      s
                            on
                            de
                              l'
                            o r</em></pre>



<p><em>Cent phrases pour éventails, Paul Claudel, NRF, Poésie Gallimard, 168 pages, 7,80 euros</em></p>
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		<title>J’aime</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/jesaisitonaga/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 May 2022 10:19:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cheyne]]></category>
		<category><![CDATA[Ito Naga]]></category>
		<category><![CDATA[Je sais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Je sais que le monde est comme un immense écho, que les mots se répètent à l’infini comme un jeu de miroirs dans un palais persan.&#160;» Je sais que la lecture de Je sais m’a plongé dans une rêverie proche de la contemplation. Je sais que ce recueil est habité,&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Je sais que le monde est comme un immense écho, que les mots se répètent à l’infini comme un jeu de miroirs dans un palais persan.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que la lecture de <em>Je sais </em>m’a plongé dans une rêverie proche de la contemplation. <br>Je sais que ce recueil est habité, qu’il est plein d’humour, de mélancolie, de visages et de joies.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais que «&nbsp;Je pense que&nbsp;» traduit rarement une conviction profonde ou une réelle expérience du corps.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que ce livre sans cesse oscille entre le ciel et la terre, entre le doute métaphysique et la beauté du quotidien. <br>Je sais qu’Ito Naga est astrophysicien et que ses considérations sur la science m’émeuvent.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’on se réjouit secrètement que certaines choses résistent à la science, qu’une part de mystère persiste.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que la puissance de l’anaphore permet le déploiement d’un fourmillement de motifs poétiques.<br>Je sais que le fragment est une partie du Tout et que la vie se dit par éclats.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais par la boulangère que Robert ne peut pas monter au-dessus de 1000 mètres d’altitude. Fort heureusement, la personne à qui ils vont rendre visite n’habite qu’à 600 mètres.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais qu’un deuxième opus <em><a href="https://www.cheyne-editeur.com/index.php/grands-fonds/368-je-sens" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Je sens</a></em> est sorti l’année dernière.<br>Je sais, je sens que je vais l’aimer.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’il est tentant d’en rester à la peau douce des apparences.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que l’extrême sensibilité de ce livre me touche et que sa délicatesse m’étreint.<br>Je sais que, pour tout cela et plus encore, j’aime <em>Je sais</em>.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’on dit «&nbsp;Au revoir&nbsp;», mais jamais «&nbsp;Au réécouter.&nbsp;» »</em></p>



<p><em><a href="https://www.cheyne-editeur.com/index.php/grands-fonds/145-je-sais" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Je sais, Ito Naga, Cheyne, 17 euros, 80 pages</a></em></p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>
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		<title>Apocalypse Now</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/apocalypse-now/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 14:57:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Auxeméry]]></category>
		<category><![CDATA[Le taillis pré]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Un grand oiseau picore la fumée jaillie des longs tubes de métal dans une campagne toute neuve, habitée exclusivement de friches d’immeuble morts. Les vitres effondrées babillent de sanglots de suie, la pluie sale pisse sur les façades.&#160;» Quelle sublime et désespérante image que cet oiseau condamné à picorer de&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Un grand oiseau picore la fumée jaillie des longs tubes de métal dans une campagne toute neuve, habitée exclusivement de friches d’immeuble morts. Les vitres effondrées babillent de sanglots de suie, la pluie sale pisse sur les façades.&nbsp;»</em></p>



<p>Quelle sublime et désespérante image que cet oiseau condamné à picorer de la fumée dans un monde dévasté&nbsp;! Cette vision si saisissante que l’on croirait tout droit sortie d’un film de science-fiction cauchemardesque est emblématique de ce livre à la poésie glauque et sonore.</p>



<p><em>«&nbsp;Ici, les eaux s’écroulent d’une voûte vide de divinités qu’on puisse invoquer, ou supplier, ou maudire. Là, ces dieux survivent encore dans des caboches – pures poches de pus.&nbsp;»</em></p>



<p>Dans les <em>Aphorismes du pire</em>, le poète Jean-Paul Auxeméry donne forme et vie à un paysage désolé où l’économie de marché s’est écroulée, où les êtres humains peinent à respirer, et où les mots ne font désormais plus sens. Ecrit en l’an 2000 et publié par la maison d’édition belge <em>Le taillis pré</em>, cet ouvrage à la force sensuelle et tellurique offre la vision désespérée d’une humanité composée de nécessiteux qui errent sur une planète poubelle, devenue infertile.</p>



<p><em>«&nbsp;Un arbre, là, pense que ses feuilles poussent, lui. Il y a toutefois à ses pieds une flaque ironique disant, avec un reflet de ciel barbouillé, qu’il n’en est rien.&nbsp;»</em></p>



<p>En dehors des qualités évidentes de sa langue macabre et raffinée, le tour de force d’Auxeméry est de donner à l’aphorisme une grande force narrative et un pouvoir d’évocation contre-utopique. A rebours de la tradition morale et philosophique, le poète tord cette forme de sagesse lacunaire afin de la transformer en instrument privilégié d’une contemplation hallucinée et infernale.</p>



<p><em>«&nbsp;Ici vous ne respirerez jamais qu’entre amertume et révulsion, avec une échappée parfois, vers des gouffres aimables.&nbsp;»</em></p>



<p>Tableaux d’un Jérome Bosch contemporain devenu fou, ces aphorismes sonnent un avertissement parfois non dénué d’humour sur l’état de la planète et les devenirs possibles d’un potentiel effondrement. Au cours des siècles, les poètes ont souvent fait office de prophètes des temps nouveaux&nbsp;; écoutons dès lors s’élever la voix sublime de l’oracle :</p>



<p><em>«&nbsp;Un vent qui porte, et ne sait que porter, &#8211; mais quoi&nbsp;? – mime un vent qui pourrait, mais ne peut plus&nbsp;; un vent mime un vent, dans les bras rouges du prunus.</em></p>



<p><em>Ce prunus est cette créature de sang qui s’effraie&nbsp;; sa sève boit cet effluve.</em></p>



<p><em>Un vent mime un vent mime un vent.&nbsp;»</em></p>



<p><em>Les aphorismes du pire, Auxeméry, <a href="https://editeurssinguliers.be/editeur/taillis-pre/">Le Taillis pré</a>, 58 p., 8 euros</em></p>
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		<title>Georges Braque, aphoriste</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/georges-braque-aphoriste/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Apr 2017 12:16:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Braque]]></category>
		<category><![CDATA[Le jour et la nuit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Oublions les choses, ne considérons que les rapports. » On connaissait Georges Braque peintre, graveur ou encore sculpteur mais qui a déjà entendu parler du Georges Braque aphoriste ? Réunissant bien plus que des considérations sur la peinture, ses Cahiers de 1917 à 1952 ont été publiés par Gallimard sous le titre&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« Oublions les choses, ne considérons que les rapports. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">On connaissait Georges Braque peintre, graveur ou encore sculpteur mais qui a déjà entendu parler du Georges Braque aphoriste ? Réunissant bien plus que des considérations sur la peinture, ses </span><span style="font-size: medium;"><i>Cahiers</i></span><span style="font-size: medium;"> de 1917 à 1952 ont été publiés par Gallimard sous le titre </span><span style="font-size: medium;"><i>Le jour et la nuit</i></span><span style="font-size: medium;">. Quelle délicieuse et surprenante découverte que ce court opus! Si Braque avait éminemment le sens de la composition picturale, il n&rsquo;était pas en reste en terme de précision et de netteté dans le trait d&rsquo;esprit.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><i><span style="font-size: medium;">« Il faut se contenter de découvrir, mais se garder d&rsquo;expliquer. »</span></i></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">En effet, son vocabulaire est choisi, sa langue rapide et tonique, sa phrase une mécanique tendue vers l&rsquo;idée. Braque se fait ici le digne héritier des moralistes du 17</span><sup><span style="font-size: medium;">ème</span></sup><span style="font-size: medium;"> siècle en intégrant la structure rythmée et souvent binaire de l&rsquo;aphorisme. Esprit analytique, il tente de cerner au plus près et de définir des notions complexes ayant trait à l&rsquo;Homme et sa représentation du monde. Outre ses remarques très intéressantes sur la peinture, il aborde tous les thèmes, de la politique à la métaphysique, en passant par le langage.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><i><span style="font-size: medium;">« La conscience est la mère du vice. »</span></i></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><i><span style="font-size: medium;">« L&rsquo;idéalisme est une forme convenue de l&rsquo;espérance. »</span></i></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">C&rsquo;est donc un carnet de réflexions et de pensées que le lecteur a ici sous les yeux. Inlassablement, Braque tente de s&rsquo;approcher le plus près possible de la vérité en essayant de nous en faire voir les deux faces tel un ruban de Möbius. Une notion répond à une autre : le perpétuel s&rsquo;observe dans le fugace, le vrai dans les mensonges, et l&rsquo;art dans ses rapports complexes et ambivalents avec la nature. Étonnants, ses aphorismes ne sont jamais fortuits et semblent découler d&rsquo;une réflexion longue et soutenue.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><i><span style="font-size: medium;">« Le tableau est fini quand il a effacé l&rsquo;idée. »</span></i></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">Parfois, un trait d&rsquo;humour vient égayer ce recueil dense qui se lit pourtant d&rsquo;une traite. Être </span><span style="font-size: medium;"><u>présent</u></span><span style="font-size: medium;"> au monde, telle semble être l&rsquo;ambition du peintre aussi bien dans sa vie qu&rsquo;à travers son art. Conscient de ses limites et du périmètre resserré que couvre notre conscience, il exhorte le lecteur à l&rsquo;humilité et à la méfiance. Chantre de l&rsquo;esprit critique et de la raison, Braque nous laisse toute la place pour penser ses aphorismes et parfois, nous reviennent, comme en surimpression au recueil, ses tableaux sublimes qui font écho à ses mots non moins sublimes.</span></span></p>
<p><span style="font-size: large;"><i><span style="font-size: medium;">« Nous n&rsquo;aurons jamais de repos : le présent est perpétuel. »</span></i></span></p>
<p><i>Georges Braque, Le jour et la nuit, Gallimard, NRF, 2011, 12,70 euros</i></p>
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		<item>
		<title>Metaphysical vertigo</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/metaphysical-vertigo/</link>
					<comments>https://aphorismundi.com/le-blog/metaphysical-vertigo/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2016 13:45:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cioran]]></category>
		<category><![CDATA[Ebauches de vertiges]]></category>
		<category><![CDATA[Folio]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l&#8217;aise entre assassins. » Cioran. Emil Cioran. Qui d&#8217;autre aurait pu écrire cet aphorisme si désespéré, si grinçant d&#8217;humour noir qu&#8217;il en est symptomatique de l&#8217;écriture du philosophe roumain?&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>« Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait à l&rsquo;aise entre assassins. »</i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cioran. Emil Cioran. Qui d&rsquo;autre aurait pu écrire cet aphorisme si désespéré, si grinçant d&rsquo;humour noir qu&rsquo;il en est symptomatique de l&rsquo;écriture du philosophe roumain? Car Cioran, en dehors de toute la mythologie qui s&rsquo;est forgée autour de lui, c&rsquo;est avant tout un style inimitable et reconnaissable entre mille. Cette langue riche, intense, baroque souvent, soutenue par une syntaxe d&rsquo;un classicisme, voire d&rsquo;un ascétisme un peu raide, qui procure au lecteur un plaisir délicieux et coupable.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« La conversation n&rsquo;est féconde qu&rsquo;entre esprits attachés à consolider leurs perplexités. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Et que dire de ses thématiques récurrentes, qui tissent comme des obsessions, la structure de ses œuvres ? La mort, le passage du temps, le suicide, l&rsquo;être, la petitesse de l&rsquo;homme : autant de thèmes s&rsquo;entrelacent pour dessiner le portrait d&rsquo;un écrivain qui fut sans cesse en quête d&rsquo;un absolu qui échappait à sa raison. Cioran aimerait &#8211; on le sent bien &#8211; s&rsquo;échapper de cette caverne de Platon pour toucher, physiquement, voire sensuellement, de ses doigts le soleil de la vérité mais comme tout homme, il reste prisonnier et s&rsquo;ennuie à regarder danser les ombres sur les murs. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Être persuadé de quoi que ce soit est un exploit unique, presque miraculeux. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« On est et demeure esclave aussi longtemps que l&rsquo;on est pas guéri de la manie d&rsquo;espérer. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Qui d&rsquo;autre que Cioran peut se vanter d&rsquo;être si présent, si intensément là dans chacun de ses aphorismes ? A la lecture, tous semblent imprégnés de cet esprit sceptique qui oscille entre cynisme et pessimisme, sans jamais pouvoir ni vouloir choisir. Tous se jouent des illusions du lecteur, avec cruauté parfois, souvent avec une pitié dégoûtée pour cette faible créature qu&rsquo;est l&rsquo;homme. Tous exhalent par chaque pore l&rsquo;âme de cet écrivain entier, trop ont dit certains, qui ne s’embarrassaient pas de ces petites concessions que l&rsquo;on est amené à faire avec soi-même. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« L&rsquo;ennui, qui a l&rsquo;air de tout approfondir, n&rsquo;approfondit en fait rien, pour la raison qu&rsquo;il ne descend qu&rsquo;en lui-même et ne sonde que son propre vide. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Rien ne rend modeste, pas même la vue d&rsquo;un cadavre. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Peu d&rsquo;aphoristes peuvent se targuer d&rsquo;avoir réussi ce tour de force d&rsquo;être, par leurs langues autant que par leurs idées, si aisément identifiable à la première lecture. Le pari fait par Folio Sagesses semble être de donner accès à la pensée de Cioran, en nous proposant, dans un opus très court, la quintessence de son style. Pari réussi pour ces <i>Ébauches de vertige</i> qui laissent entrevoir toute la richesse et la variété du talent et de la verve de cet écrivain. A tous ceux qui ne connaissent pas cet auteur de premier plan, procurez-vous cet ouvrage au prix dérisoire de 2 euros mais dont la lecture vous laissera abasourdi et vous hantera encore des jours après.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Celui qui n&rsquo;a pas souffert n&rsquo;est pas un être : tout au plus un individu. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Bien que ne partageant, personnellement, que peu avec les réflexions développées par Cioran, force m&rsquo;est de constater que leur lecture est toujours aussi revigorante. Avec lui, pas d&rsquo;échappatoire, pas de respiration, on est acculé, dans un coin : plus le choix, on doit penser, on ne peut plus se mentir, il faut rendre des comptes. Quelle force et quelle exigence supposent une telle lecture ! Quelle puissance ! Intransigeant, Cioran vous oblige à prendre position et peut-être est-ce cela qui fait de lui un auteur si majeur ? En effet, quel meilleur aphoriste que celui qui vous contraint à réagir, à vous libérer et enfin à penser ? </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Ce qui ne peut se traduire en termes de mystique ne mérite pas d&rsquo;être vécu. »</i></span></p>
<p><i>Ébauches de vertige, E. M. Cioran, Folio Sagesses, 2 euros</i></p>
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		<title>Embra(s)ser les étoiles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2016 11:52:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Les oiseaux de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Tagore]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Par la lune, tu m&#8217;envoies tes lettres d&#8217;amour » dit la nuit au soleil. « Je te laisse mes réponses dans les larmes des brins d&#8217;herbe. » Prix Nobel de littérature en 1913, Rabindranath Tagore, artiste indien aux talents protéiformes, a laissé une œuvre méconnue et dense qui se compose d&#8217;« une cinquantaine de&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Par la lune, tu m&rsquo;envoies tes lettres d&rsquo;amour » dit la nuit au soleil. « Je te laisse mes réponses dans les larmes des brins d&rsquo;herbe. »</em></p>
<p>Prix Nobel de littérature en 1913, Rabindranath Tagore, artiste indien aux talents protéiformes, a laissé une œuvre méconnue et dense qui se compose d&rsquo;<em>« une cinquantaine de recueil de poèmes ; de trois opéras ; de quatorze romans, de douze recueils de nouvelles, quatorze pièces de théâtre, de soixante-trois volumes d&rsquo;essais […], en plus de récits de voyage et d&rsquo;une autobiographie. »</em> Au sein de cette production littéraire foisonnante, les éditions du Noroît ont décidé, pour notre plus grand bonheur, de sertir leur riche catalogue d&rsquo;un petit joyau de son œuvre intitulé <em>Les oiseaux de passage</em>, recueil d&rsquo;aphorismes composé à son retour de voyage au Japon en 1916.</p>
<p><em>« Nous sommes incapables d&rsquo;admettre qu&rsquo;il peut arriver à l&rsquo;amour d&rsquo;être vaincu. »</em></p>
<p>Inspirés de l&rsquo;art du haïku où l&rsquo;éternel côtoie toujours l&rsquo;éphémère, où l&rsquo;infiniment grand se lit dans l&rsquo;infiniment petit et inversement, ces 326 aphorismes aux accents mystiques nous invitent à communier en toute joie et humilité avec l&rsquo;univers alentour. La Nature sublimée par le Verbe, c&rsquo;est ce que Tagore nous dévoile dans la pénombre, avec une grande profondeur et sensibilité, dans cette poésie du minuscule qui se révèle aux yeux du contemplateur attentif.</p>
<p><em>« Laisse à la vie sa beauté de fleurs d&rsquo;été, à la mort sa beauté de feuilles d&rsquo;automne. »</em></p>
<p><em>« Ne crains jamais l&rsquo;instant », chante la voix éternelle. »</em></p>
<p><em>Les oiseaux de passage</em> – et c&rsquo;est admirable ! &#8211; sont traversés de souffles religieux très différents, du taoïsme jusqu&rsquo;au bouddhisme en passant par le christianisme, et parviennent à réaliser la petite prouesse d&rsquo;une synthèse proposant une vision poétique et syncrétique du monde. La totalité du recueil étant composée sur une tonalité mineure, le lecteur a tout le loisir de se laisser porter oniriquement vers ce monde où l&rsquo;homme compose une harmonie avec le monde.</p>
<p><em>« Dans l&rsquo;obscurité, l&rsquo;un paraît uniforme ; au grand jour, il paraît multiple. »</em></p>
<p><em>« J&rsquo;ai perdu ma goutte de rosée », dit en pleurant la fleur au ciel de l&rsquo;aube, qui a perdu toutes ses étoiles. »</em></p>
<p>Tagore croit à l&rsquo;unité de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers et ne cesse de le souligner à travers ses aphorismes qu&rsquo;on lit comme des vers et qui traitent de l&rsquo;amour, de la mort ou encore de la nature. Parfois même, et cela est surprenant, des considérations morales fleurissent sous sa plume ou des bourgeons de mythologies ploient sous les légères branches du recueil.</p>
<p><em>« Les hommes sont cruels, mais l&rsquo;homme est bon. »</em></p>
<p>Quelle délicieuse et rêveuse lecture nous proposent ici les Éditions du Noroît ! Après avoir refermé ce recueil, on reste pensif, flottant, transporté par une pensée poétique qui nous transcende et je ne sais pourquoi a rejailli dans mon esprit ce splendide quatrain de Victor Hugo, qui termine le poème <em>Booz endormi</em> :</p>
<p><em>Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,</em><br />
<em>Quel dieu, quel moissonneur de l&rsquo;éternel été,</em><br />
<em>Avait, en s&rsquo;en allant, négligemment jeté</em><br />
<em>Cette faucille d&rsquo;or dans le champ des étoiles.</em></p>
<p><em>Les oiseaux de passage, Rabindranath Tagore, Éditions du Noroît, 116 p., 13,40 euros</em></p>
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		<title>A bord du « wagon-taxi » de la langue&#8230;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2016 12:39:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Points]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Maugenest]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Qui parvient encore à lire les mille pages d&#8217;Anna Karénine sans vanter son exploit autour de lui ? » C&#8217;est sur ce ton drôle et léger que sont composés, en grande majorité, les aphorismes et autres fantaisies littéraires de ce livre au titre énigmatique Bâchez la queue du wagon-taxi avec les pyjamas&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>« Qui parvient encore à lire les mille pages d&rsquo;Anna Karénine sans vanter son exploit autour de lui ? »</i></p>
<p><span style="font-size: medium;">C&rsquo;est sur ce ton drôle et léger que sont composés, en grande majorité, les aphorismes et autres fantaisies littéraires de ce livre au titre énigmatique </span><span style="font-size: medium;"><i>Bâchez la queue du wagon-taxi avec les pyjamas du fakir</i></span><span style="font-size: medium;"> signé Thierry Maugenest. Le titre à lui seul donne déjà un avant-goût de ce que sera ce recueil loufoque : une suite de facéties, de bizarreries, de jeux de mots auxquels se prête si bien la langue française&#8230; Car, à l&rsquo;instar du célèbre «</span><span style="font-size: medium;"><i> Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume »,</i></span><span style="font-size: medium;"> le titre du livre est un pangramme, c&rsquo;est à dire une courte phrase comportant toutes les lettres de l&rsquo;alphabet.</span></p>
<p><i><span style="font-size: medium;">« Prenons garde aux fausses citations d&rsquo;écrivains que nous lisons sur Internet. » (Montaigne, Les Essais) »</span></i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Instructif, divertissant, surprenant parfois, ce recueil se parcourt avec allégresse comme un cabinet de curiosités linguistique compilant les amusantes étrangetés de la langue de Molière. D&rsquo;anecdotes sur les formules « à cause que » ou sur le mot « verbigération », en passant par les délicieuses subtilités de notre conjugaison, Maugenest dessine un joyeux portrait d&rsquo;une langue sans cesse en mouvement, évitant avec brio les écueils du pensum ou de la cuistrerie.</span></p>
<p><i><span style="font-size: medium;">« Combien de personnes ayant un jour formulé cette phrase anodine : je me suis promené dans le petit jardin, ont pris conscience qu&rsquo;ils prononçaient un alexandrin et, de surcroît, qu&rsquo;ils récitaient le deuxième vers du sonnet de Verlaine Après trois ans ? »</span></i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Sans prétention &#8211; un nouvel écueil évité -, ce livre se donne pour ce qu&rsquo;il est : une charmante et amusante balade au pays de la langue française. Se jouant des mots, des auteurs, des expressions, Maugenest parvient à construire un recueil plaisant qui s&rsquo;intéresse aux détails parfois saugrenus du français. Les premiers chapitres consacrés aux écrivains et aux poètes ont peut-être moins emporté mon enthousiasme et malgré parfois quelques facilités, l&rsquo;ensemble du recueil, dans sa cohérence, parvient à déclencher une curiosité et un amusement profonds et sincères.</span></p>
<p><i><span style="font-size: medium;">« Étrange destin que celui du substantif masculin leu, issu de la forme ancienne de loup, qui ne doit sa postérité qu&rsquo;à son redoublement benoît à la suite de queue. »</span></i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Ce livre constitue donc – et paraît même parfois pensé ainsi – un cadeau idéal pour tous les amoureux du français qui aiment en apprendre chaque jour davantage sur les spécificités de leur langue. On rit, on s&rsquo;étonne, on s&rsquo;instruit avec cet ouvrage qui ne s&rsquo;avère prétentieux à aucun endroit, mais qui cultive, au contraire, une volonté de partager le savoir de manière ludique. Je ne saurai donc que trop vous recommander ce détour en wagon-taxi vers les acrobaties d&rsquo;une langue-fakir qui reste à apprivoiser&#8230;</span></p>
<p><i><span style="font-size: medium;">« L&rsquo;histoire de la littérature française aurait-elle été la même si un certain Henri Beyle, avant d&rsquo;arrêter son choix sur Stendhal, avait conservé son pseudonyme : Serpière ? »</span></i></p>
<p><i>Thierry Maugenest, Bâchez la queue du wagon-taxi avec les pyjamas du fakir, Points, 5,40 euros</i></p>
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		<title>René Char, aphoriste et résistant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Aug 2016 17:11:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Feuillets d'Hypnos]]></category>
		<category><![CDATA[Folio]]></category>
		<category><![CDATA[René Char]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« L&#8217;homme est capable de faire ce qu&#8217;il est incapable d&#8217;imaginer. Sa tête sillonne la galaxie de l&#8217;absurde. » Cet aphorisme extrait des Feuillets d&#8217;Hypnos, touchant du bout du doigt un sublime quasi onirique, résume à lui seul l&#8217;engagement aussi bien poétique que politique de son auteur René Char. En effet, pendant&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« L&rsquo;homme est capable de faire ce qu&rsquo;il est incapable d&rsquo;imaginer. Sa tête sillonne la galaxie de l&rsquo;absurde. »</em></p>
<p>Cet aphorisme extrait des <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em>, touchant du bout du doigt un sublime quasi onirique, résume à lui seul l&rsquo;engagement aussi bien poétique que politique de son auteur René Char. En effet, pendant l&rsquo;Occupation de la France au cours de la Seconde guerre mondiale, le poète participe activement à la Résistance sous le nom de « Capitaine Alexandre » et rédige des fragments tant sur les actions et combats menés que sur les contemplations, impressions et émotions générées par ces batailles.</p>
<p><em>« Nous errons auprès de margelles dont on a soustrait les puits. »</em></p>
<p>Ces diverses expériences retranscrites sous forme de notes et d&rsquo;aphorismes verront le jour sous le nom de <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em> et constituent l&rsquo;un des témoignages poétiques les plus singuliers relatifs à cette sombre période. Refusant l&rsquo;exposé continu et chronologique des événements de la Résistance, Char procède par fulgurances et livre ainsi un témoignage fragmentaire et original sur une époque dont la violence et la barbarie sautent aux yeux à chaque page. Engagé jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;âme, les premiers aphorismes réunis par René Char au début du recueil constituent déjà en eux-mêmes une sorte de programme poético-politique.</p>
<p><em>« Conduire le réel jusqu&rsquo;à l&rsquo;action comme une fleur glissée à la bouche acide des petits enfants. Connaissance ineffable du diamant désespéré (la vie). »</em></p>
<p><em>« Être stoïque, c&rsquo;est se figer avec les beaux yeux de Narcisse. Nous avons recensé toute la douleur qu&rsquo;éventuellement le bourreau pouvait prélever sur chaque pouce de notre corps ; puis le cœur serré, nous sommes allés et nous avons fait face. »</em></p>
<p>Ayant établi son quartier général à Céreste, dans les Basses-Alpes, le poète décrit avec lyrisme son quotidien de résistant entre exécutions de camarades par les forces ennemies, livraisons d&rsquo;armes et anecdotes sur ses compagnons de maquis. Ces récits de combats sont accompagnés de sublimes saillies poétiques, de considérations politiques plus générales et de grands moments de contemplation, ce qui rend l&rsquo;ensemble du recueil d&rsquo;une richesse et d&rsquo;une densité incroyables.</p>
<p><em>« Je n&rsquo;ai pas peur. J&rsquo;ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l&rsquo;ennemi et moi. L&rsquo;affronter horizontalement. »</em></p>
<p><em>« Vous tendez une allumette à votre lampe et ce qui l&rsquo;allume n&rsquo;éclaire pas. C&rsquo;est loin, très loin de vous, que le cercle illumine. »</em></p>
<p>Frôlant parfois l&rsquo;hermétisme, les aphorismes de Char sont à apprécier comme les paroles d&rsquo;oracles qui obscurcissent la vie plus qu&rsquo;elles ne l&rsquo;éclairent. Ces courtes phrases sont toutes pleines de brouillards, invitant ainsi le lecteur à parcourir l&rsquo;œuvre avec la plus grande circonspection. Engagement poétique et politique sont pour Char les deux versants d&rsquo;une même pièce : au plus profond de l&rsquo;abîme politique, il est utile voire nécessaire d&rsquo;écrire, de transcender sa vision du monde pour la sublimer en une expérience poétique. La dernière phrase du recueil est en ce sens très éloquente.</p>
<p><em>« Dans nos ténèbres, il n&rsquo;y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. »</em></p>
<p>Pour ma part, je ne me lasse pas de lire et relire ces <em>Feuillets d&rsquo;Hypnos</em>, devenus un classique de la littérature engagée. Comme toutes les grandes œuvres, elles gagnent en épaisseur à chaque relecture et l&rsquo;on découvre toujours ou l&rsquo;on comprend enfin un aphorisme que notre esprit paresseux avait laissé de côté. Si Char avait donné cette excellente définition de ce que peut être un aphorisme : <em>« L&rsquo;éclair me dure. »</em>, son œuvre, quant à elle, résonne toujours en moi comme ce tonnerre grondant et ondulant qui suit de peu l&rsquo;éblouissement de l&rsquo;éclair.</p>
<p><em>« Sommes-nous voués à n&rsquo;être que des débuts de vérité ? »</em></p>
<p><em>Feuillets d&rsquo;Hypnos, René Char, Folio plus Classiques, 160 p., 4,80 euros</em></p>
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		<title>Interloquant!</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/interloquant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2016 18:11:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Elliautou]]></category>
		<category><![CDATA[Les p'tis cactus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tous les soirs d&#8217;hiver, il rentre les nains de jardin dans la maison. » Insaisissables et interloquants, tels sont les deux adjectifs qui viennent immédiatement à l&#8217;esprit après avoir refermé le bref recueil Sans me soucier de descendre du singe signé Georges Elliautou. Certains livres, comme celui ci sous-titré humblement et&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>« Tous les soirs d&rsquo;hiver, il rentre les nains de jardin dans la maison. »</i></p>
<p><span style="font-size: medium;">Insaisissables et interloquants, tels sont les deux adjectifs qui viennent immédiatement à l&rsquo;esprit après avoir refermé le bref recueil <i>Sans me soucier de descendre du singe</i> signé Georges Elliautou. Certains livres, comme celui ci sous-titré humblement et malicieusement <i>Vétilles</i>, nous glissent des mains, du jugement et nous laissent parfois comme pantois, abasourdis par ce que l&rsquo;on ne parvient pas à décrire à l&rsquo;aide de notre raison.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« D&rsquo;une grande modestie, il monte au ciel par l&rsquo;escalier de service. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Échappant à toutes catégories préétablies, ce livre surgit, anarchique, sans véritable précédent littéraire et semble constituer un défi pour l&rsquo;élaboration d&rsquo;une opinion critique. Plutôt que d&rsquo;émettre un avis peu argumenté sur cet objet littéraire indéfinissable, je me bornerai à tenter d&rsquo;indiquer, selon moi, quelques pistes d&rsquo;entrée à cette lecture dont il faut préserver l&rsquo;incroyable étrangeté.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« La pluie glacée tomba toute la nuit sur le SDF heureusement ivre mort. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">La première entrée possible dans ce texte nous est sûrement fournie par l&rsquo;identité de la maison d&rsquo;édition qui a publié cette œuvre. Les Cactus inébranlables éditions, et en particulier sa collection consacrée aux formes brèves Les p&rsquo;tits cactus, ont à cœur – et cela se voit!- de construire<a href="http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/pages/acheter-nos-livres/catalogue/" target="_blank" rel="noopener"> un fonds d&rsquo;aphorismes contemporains très cohérent</a>, inspiré par une sorte de post-surréalisme belge. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« La veuve pria le jeune et sémillant abbé de monter chez elle voir ses estampes japonaises. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Privilégiant l&rsquo;art du calembour, les jeux de mots, les styles à la fois gaulois et absurdes, le texte d&rsquo;Elliautou semble prendre naturellement sa place dans ce catalogue qui creuse, avec sincérité et exigence, ce sillon anarchique qu&rsquo;il s&rsquo;ingénie à tracer. Nous avions déjà pu mettre en relief ce choix éditorial audacieux dans <a href="https://aphorismundi.com/actualite/laphorisme-a-double-detente/" target="_blank" rel="noopener">notre article consacré aux <i>Pensées nyctalopes</i> de Jean-Loup Nollomont.</a></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« L’Évangile ne dit pas combien chaussait Jésus. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">La deuxième porte ouverte sur ce texte serait peut-être les regroupement thématiques d&rsquo;aphorismes qui s&rsquo;intitulent Bondieuseries, Militaire ou encore Conjugal. Dans ces ensembles, l&rsquo;auteur pratique aussi bien la blague, le jeu de mot ou encore le trait surréaliste si bien que le lecteur ne sait jamais par quel angle aborder la continuité d&rsquo;une section. </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Nous montâmes sur le lit bateau et traversâmes une nuit fort agitée par notre fougue amoureuse. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Enfin, la troisième piste que j&rsquo;indiquerai se situe dans une écriture novatrice défiant, voire se jouant des codes traditionnels de l&rsquo;aphorisme. En effet, comment aborder une phrase assez simple telle que <i>« Le jour même de sa mort, il planta un pommier. »</i> ? Isolée, cette citation absurde paraît anodine, voire dépourvue de sens, alors que dans la section qui la constitue consacrée au Trépas, elle fait étrangement sens, elle fait écho, pour ainsi dire. Je me garderai bien de répondre à cette question mais la fait que l&rsquo;écriture d&rsquo;Elliautou me la pose m&rsquo;intéresse au plus haut point.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Joignons nos pleurs à celles et ceux qui pèlent des oignons. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">En somme, ce livre a pour grande vertu d&rsquo;avoir totalement échappé à un raisonnement fondé sur l&rsquo;histoire du genre aphoristique et propose, qu&rsquo;on l&rsquo;apprécie ou non, une œuvre étrange par tous ses aspects. Certains aphorismes nous plongent dans une rêverie surréaliste, d&rsquo;autres nous font rire, certains sont gras, gros et vulgaires, d&rsquo;autres poétiques, et tout cela alterne sans cesse pour laisser le lecteur désemparé face à ce qu&rsquo;il vient de lire. Comment, dans ce cas, émettre un avis critique fondé sur un recueil si hétéroclite ?</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Un malheur n&rsquo;arrivant jamais seul, elle rajouta un couvert. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Je préfère donc, pour être vraiment honnête dans mon approche de ce livre, m&rsquo;arrêter et conclure sur cette sensation d&rsquo;abasourdissement et de flou dans lequel il m&rsquo;a plongé. Peut-être ce sera-t-elle dissipée dans quelques heures pour laisser place à un jugement plus établi mais en attendant, il me paraissait plus juste de décrire ce sentiment que parfois nous procurent certains livres : une aphonie critique ! </span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d&rsquo;enterrements. »</i></span></p>
<p><i>Sans me soucier de descendre du singe, Georges Elliautou, Cactus inébranlable éditions, 7 euros</i></p>
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		<title>Les gammes littéraires de Franz Liszt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jul 2016 11:58:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Franz Liszt]]></category>
		<category><![CDATA[Le Passeur Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Propager en mots et en actions la petite part de connaissance et de technique qui m&#8217;a été donnée, comme Forme et Moyen du Vrai et du Divin. » Telle est la mission que Franz Liszt s&#8217;est fixée et a rempli tout au long de sa vie à travers son œuvre aussi&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><i>« Propager en mots et en actions la petite part de connaissance et de technique qui m&rsquo;a été donnée, comme Forme et Moyen du Vrai et du Divin. »</i></p>
<p>Telle est la mission que Franz Liszt s&rsquo;est fixée et a rempli tout au long de sa vie à travers son œuvre aussi bien musicale que littéraire. Car si le talent de Liszt est souvent associé à la virtuosité pianistique, ce compositeur romantique, amateur de bons mots, a également exercé son génie dans le domaine des lettres. En ce sens, la maison d&rsquo;édition Le Passeur Éditeur a eu la brillante idée de rassembler en un recueil ces <i>Pensées intempestives</i> afin de faire découvrir à un plus large public les gammes littéraires méconnues de ce célèbre musicien.</p>
<p><i>« J&rsquo;aime tant la paix, que je commettrais des bassesses pour la maintenir, si je ne savais que les bassesses la compromettent le plus. »</i></p>
<p>Collectionneur des éditions de Chamfort, ainsi que nous l&rsquo;apprend l&rsquo;éclairante postface de Nicolas Dufetel, Liszt a toujours proclamé un goût certain pour l&rsquo;art de l&rsquo;aphorisme qu&rsquo;il avait l&rsquo;occasion de pratiquer dans les divers salons qu&rsquo;ils fréquentaient. Loin de se borner au seul domaine de la musique, les <i>Pensées intempestives</i> du compositeur, soigneusement organisées de manière thématique, sont à l&rsquo;image de leur auteur : éclectiques !</p>
<p><i>« On sait que la vie n&rsquo;est que l&rsquo;apprentissage de la mort ; cependant, la leçon que nous en donne la mort de nos amis nous accable. »</i></p>
<div class="video-container"><iframe title="Martha Argerich,Liszt Funerailles" width="700" height="525" src="https://www.youtube.com/embed/jv08OinmQ8k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
<p>De considérations générales sur l&rsquo;art, en passant par des portraits de compositeurs et d&rsquo;écrivains, pour finir sur des réflexions spirituelles et religieuses, cet ouvrage donne à voir l&rsquo;étendue des talents et des intérêts de cet homme insaisissable à bien des égards. Imprégnées d&rsquo;un catholicisme ardent, les réflexions de Listz constituent un témoignage historique inestimable sur les enjeux artistiques et philosophiques du 19<sup>ème </sup>siècle.</p>
<p><i>« Wagner ose être sublime, marcher dans sa voie sans nul souci du vulgaire – monter, et monter toujours !»</i></p>
<p>Si le style littéraire de Liszt n&rsquo;atteint pas les flamboyances de son génie musical, il n&rsquo;en reste pas moins intéressant de lire cet opus qui se fait l&rsquo;écho des problématiques de son temps. En effet, à la lecture de ses <i>Pensées</i>, on peut regretter un défaut d&rsquo;audace aussi bien stylistique que thématique qui confine parfois certains des aphorismes du compositeur à un classicisme un peu plat. De même, l&rsquo;enthousiasme religieux de Liszt alourdit quelquefois la lecture de ses réflexions qui manifestent, par ailleurs, un amour profond pour l&rsquo;humanité, malgré les défauts qui la constituent.</p>
<div class="video-container"><iframe title="Liszt - Vallée d&#039;Obermann (Claudio Arrau)" width="700" height="394" src="https://www.youtube.com/embed/BZ2AqIzHSQw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
<p><i>« Prenons patience et, dans les mauvais jours, restons fidèles à l&rsquo;éternité ! »</i></p>
<p>Au-delà de ces quelques réserves, le lecteur prend, toutefois, un immense plaisir à découvrir une autre facette du génie de ce compositeur d&rsquo;exception. Ses positions sur la peine de mort ou encore sur le rôle de la critique en art sont savoureuses d&rsquo;inactualité et certaines de ses réflexions nous touchent parfois en plein cœur. A l&rsquo;instar d&rsquo;autres compositeurs avant lui comme Jean-Sébastien de Laborde auquel nous avons déjà consacré <a href="https://aphorismundi.com/alamarge/laborde-un-aphoriste-musicien/" target="_blank" rel="noopener">un article</a>, Liszt parvient à perpétuer avec goût cet art de la formule qu&rsquo;il admirait tant chez les moralistes français du 17<sup>ème</sup> siècle. Saluons enfin l&rsquo;initiative de la maison d&rsquo;édition Le Passeur Éditeur qui porte à notre connaissance ces fragments rares et peu connus de Liszt, dont la lecture ravira aussi bien les passionnés de musique que d&rsquo;aphorismes.</p>
<p><i>« Il est bon, ce me semble, de ne pas toujours savoir trop exactement ce qu&rsquo;on veut dire, pour le dire avec d&rsquo;autant plus de charme et d&rsquo;énergie. »</i></p>
<p><i>Franz Liszt, Tout le ciel en musique Pensées intempestives, Le Passeur Éditeur, 18,50 euros</i></p>
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