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	<title>Aphorismundi</title>
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	<description>Association de promotion de l’aphorisme </description>
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		<title>Premier week-end de l’aphorisme et des formes brèves</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2024 11:36:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les événements]]></category>
		<category><![CDATA[Officine]]></category>
		<category><![CDATA[Week-end de l'aphorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avis à tous les aphoristes et passionnés, Vous l’attendiez depuis longtemps&#160;: L’Officine l’a fait&#160;! Le Premier week-end de l’aphorisme et des formes brèves débarque à Paris du 22 au 24 mars 2024. Cet événement, inédit en France, a pour ambition de devenir le rendez-vous incontournable pour tous les amatrices et&#46;&#46;&#46;</p>
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<p>Avis à tous les aphoristes et passionnés,</p>



<p>Vous l’attendiez depuis longtemps&nbsp;: L’Officine l’a fait&nbsp;! Le Premier week-end de l’aphorisme et des formes brèves débarque à Paris du 22 au 24 mars 2024. Cet événement, inédit en France, a pour ambition de devenir le rendez-vous incontournable pour tous les amatrices et amateurs de formes brèves.</p>



<p>Au programme, une trentaine d’aphoristes de renom seront présents pour des dédicaces et des lectures. Dans un esprit festif, des animations, des expositions, des conférences et des performances mettront en valeur les travaux de tous les autrices et auteurs des formes brèves d’hier et d’aujourd’hui.</p>



<p>Cet événement est une occasion unique de rencontrer des écrivain(e)s et des spécialistes talentueuses et talentueux&nbsp;: Vanessa Ancelot, Philippe Annocque, Jean-Louis Bailly, Bernard Barraud, Serge Basso de March, Jean-Luc Bitton, Christophe Bonneau, Bernard Bretonnière, Morgan Cariou, Joaquim Coqueraumont, Éric Charvet, Patrick Corneau, Jean-Christophe Ditroy, Cécile A. Holdan,&nbsp;Patrick Hénin-Miris, Olivier Hervy, Mathieu Jaegert, Paul Lambda, Jacques Message, Mirli, Gilles Moraton, Philippe Moret,&nbsp;Ito Naga, Antoine Paris, Jean Pézennec, Thierry Roquet, Serge Safran, Laure Sauvage, Vincent Vigneron et de nombreux invité(e)s mystères&nbsp;!</p>



<p>Le programme complet de la manifestation:</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://aphorismundi.com/wp-content/uploads/2024/03/Programme-Week-end-de-laphorismejpg.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="720" height="504" src="https://aphorismundi.com/wp-content/uploads/2024/03/Programme-Week-end-de-laphorismejpg.jpg" alt="" class="wp-image-914" srcset="https://aphorismundi.com/wp-content/uploads/2024/03/Programme-Week-end-de-laphorismejpg.jpg 720w, https://aphorismundi.com/wp-content/uploads/2024/03/Programme-Week-end-de-laphorismejpg-300x210.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></a></figure>



<p>Si vous souhaitez lire vos aphorismes, un OpenMicAphorismes est prévu le dimanche 24 mars 2024 de 16h30 à 18h30.</p>



<p>Pour plus d’informations, n’hésitez pas à suivre <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=61556537533142" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la page Facebook</a> et <a href="https://www.instagram.com/we_de_l_aphorisme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le compte Instagram</a> dédiés à l’événement.</p>



<p>Venez nombreuses et nombreux à l&rsquo;Officine pour célébrer l’aphorisme sous toutes ses formes&nbsp;!</p>



<p>Informations pratiques :</p>



<p><a href="https://www.officinemenilmontant.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Officine</a><br>4, rue des Maronites – 75020 Paris<br>(Métro : L 2 &#8211; Ménilmontant / Bus: 96, 20, 71 &#8211; “Belleville-Ménilmontant”)</p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>
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		<title>Entretien avec Philippe Moret</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Mar 2023 16:29:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Le Bouquin des aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Moret]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition et modernité de l&#039;aphorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Docteur ès-lettres de l&#8217;université de Lausanne, Philippe Moret a consacré sa thèse de doctorat à la littérature aphoristique (Tradition et modernité de l&#8217;aphorisme, Genève, Droz, 1997). En 2018, il publie une anthologie chez Robert Laffont dans la collection Bouquins : Le Bouquin des aphorismes. Il est professeur de littérature française&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Docteur ès-lettres de l&rsquo;université de Lausanne, Philippe Moret a consacré sa thèse de doctorat à la littérature aphoristique (<em><a href="https://www.droz.org/france/product/9782600002141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tradition et modernité de l&rsquo;aphorisme</a></em>, Genève, Droz, 1997). En 2018, il publie une anthologie chez Robert Laffont dans la collection Bouquins : <em><a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-bouquin-des-aphorismes/9782221117132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Bouquin des aphorismes</a></em>. Il est professeur de littérature française et de philosophie en Suisse depuis une quinzaine d’années.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> D’où vient votre intérêt pour la forme aphoristique&nbsp;? Pourquoi avez-vous choisi de lui consacrer votre thèse de doctorat à la fin des années 1990&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> J’avais fait un mémoire de licence sur la poétique du voyage chez Henri Michaux, et c’est cet auteur qui m’a incité à aller voir du côté des formes brèves et sentencieuses,&nbsp;en particulier avec ses <em>Tranches de savoir</em> et ses <em>Poteaux d’angle</em>. Mais j’imagine que j’avais quelques affinités personnelles avec le scepticisme, voire le pessimisme qui dominent dans ce registre.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quelles hypothèses souhaitiez-vous démontrer grâce à ce travail de recherche&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Je m’intéressais à l’ascendance et à la descendance de la maxime classique (La Rochefoucauld), à des formes d’émancipation de la littérature aphoristique par rapport à cette dernière, mais avec une exigence gnomique qui subsistait, souvent de manière paradoxale, en contraste avec <a href="https://aphorismundi.com/portraits/surrealisme-aphorisme-rencontre-marie-paule-berranger/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le «dépaysement» surréaliste étudié par Marie-Paule Berranger</a>, même s’il y a de nombreux recoupements entre son corpus et le mien.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span><em> </em>En 2018, vous publiez Le Bouquin des aphorismes chez Robert Laffont. Comment vous est venue l’idée de ce projet «oulipien»&nbsp;? Quels ont été vos critères de sélection pour retenir les aphorismes présentés dans cet ouvrage&nbsp;? Pourquoi avez-vous choisi la forme d’un abécédaire thématique pour cette anthologie&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> C’était une commande du responsable de la collection à l’époque, Daniel Rondeau, et la forme de l’abécédaire thématique venait de ce dernier. Par ailleurs, il souhaitait que le projet soit aussi large que possible dans l’espace et le temps. Contrainte éditoriale supplémentaire sur laquelle Jean-Luc Barré, qui a succédé à Daniel Rondeau, a insisté&nbsp;: pas de droits d’auteur ni de traducteur à payer, ce qui m’a incité à la modération pour les auteurs et les traductions non libres de droit (pas plus de dix lignes, que M. Barré pouvait négocier avec Gallimard en particulier). J’ai bricolé dans ma cueillette avec ces exigences, à la fois contraignantes et libératoires — «oulipiennes» donc… Le critère le plus important pour moi a été de puiser dans des <em>recueils</em> de formes brèves et sentencieuses en vers ou en prose, soit auctoriaux, soit éditoriaux. Le recueil me paraît en effet aussi important que le critère de la brièveté gnomique pour définir le genre aphoristique au sens large.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quels sont les auteurs quelque peu confidentiels que vous souhaitiez mettre à l’honneur dans cet ouvrage et que vous invitez nos lecteurs à découvrir&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Il y aurait beaucoup de noms à citer… J’aimerais rendre hommage à deux anciens maîtres dont j’ai découvert les talents de moralistes&nbsp;: Arnaud Tripet et François Debluë, j’avais grand plaisir à les retrouver par le biais de leurs réflexions et maximes. Chez les non-francophones, Nicolas Gomez Davila, Marie von Ebner-Eschenbach, Ludwig Hohl, Roberto Juarroz, Stanislaw Jerzy Lec, Thomas S. Szasz, Arvo Valton. J’ai eu beaucoup de plaisir à traduire des auteurs espagnols avec l’aide de ma nièce Nora Moret (par exemple José Bergamin et Maria Zambrano)&nbsp;; et puis tout seul — «comme un grand» — je me suis essayé à la traduction de moralistes anglophones (Joseph Bartlett, Caleb Charles Colton, William Hazlitt, etc.), et j’ai trouvé très stimulant d’adapter le <em>wit</em> britannique, de trouver une sorte d’équivalent en français.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Vous avez travaillé sur la tradition et la modernité de l’aphorisme chez plusieurs auteurs du 20<sup>ème</sup> siècle. Pensez-vous que le genre parvient à se renouveler dans les écritures contemporaines&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Certainement, mais toujours en dialogue avec les traditions classiques et une certaine exigence gnomique, même si c’est le plus souvent dans le registre négatif, apophatique. Je viens de lire <em>La Gloire des petites choses </em>de Denis Groznatovitch, merveilleux essai inspiré par Georges Haldas, cité en épigraphe&nbsp;: <em>«Ce sont les choses imperceptibles — les impondérables — qui nous relient le plus souvent à l’essentiel. Qui vit en Etat de Poésie le sait mieux que tout autre. Et cela dans la mesure où il ne cesse d’en faire l’expérience. Titre éventuel pour un petit texte qui en témoignerait&nbsp;: La Gloire des petites choses.»</em></p>



<p>Par ailleurs Groznatovitch cite Roland Barthes&nbsp;: <em>«Ce qui est raconté ce n’est pas une aventure, ce sont des incidents. L’incident est simplement ce qui tombe doucement, comme une feuille, sur le tapis de la vie&nbsp;; c’est ce pli léger, fuyant, apporté au tissu des jours&nbsp;; c’est ce qui peut être </em>à peine<em> noté&nbsp;: une sorte de degré zéro de la notation, juste ce qu’il faut pour pouvoir écrire quelque chose.»</em></p>



<p>On pense au haïku, d’ailleurs invoqué par Groznatovitch, une poétique du presque rien, mais où se donne à lire, comme en filigrane, quelque chose d’éternel (<em>«sous les espèces de l’éternité»</em>, comme le dirait Spinoza).</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quels types d’aphorismes vous touchent le plus (épigrammes, maximes, aphorismes poétiques…)? Quels sont vos aphoristes préférés et pour quelles raisons&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Mon goût irait du côté de l’aphorisme poétique, de la notation, de l’incident au sens de Barthes, avec des auteurs comme Joubert ou Jourdan, ou encore Cioran dans ses <em>Carnets</em>.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Quel recueil a eu un impact tout particulier dans votre vie&nbsp;?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> <em>Poteaux d’angle</em> de Michaux.</p>



<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Aphorismundi :</span> Pour finir, pourriez-vous nous citer un aphorisme qui est devenu pour vous une sorte de maxime de vie ?</strong></p>



<p><span style="text-decoration: underline;">Philippe Moret :</span> Permettez-moi d’en citer trois&nbsp;: </p>



<p><em>«Passé un certain point, il n’y a plus de retour. Il faut atteindre ce point.»</em> Franz Kafka</p>



<p><em>«Avec tes défauts, pas de hâte. Ne vas pas à la légère les corriger. Qu’irais-tu mettre à la place ?» </em>Henri Michaux</p>



<p><em>«Une flamme traverse le sang. Passer de l’autre côté, en contournant la mort.»</em> Emil Cioran</p>



<p>Merci à Philippe Moret pour cet entretien passionnant et nous vous invitons à découvrir <em><a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/le-bouquin-des-aphorismes/9782221117132" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Bouquin des aphorismes</a>, </em>publié en 2018 chez Robert Laffont<em> </em>et <em><a href="https://www.droz.org/france/product/9782600002141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tradition et modernité de l&rsquo;aphorisme</a></em>, paru chez Droz en 1997.</p>
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		<title>La proverbiale sagesse de Geoffroy de Winchester</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/la-proverbiale-sagesse-de-geoffroy-de-winchester/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Dec 2022 11:48:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Geoffroy de Winchester]]></category>
		<category><![CDATA[Proverbes]]></category>
		<category><![CDATA[PUR]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Donner avec gaieté.Des visages gais rehaussent les cadeaux les plus humbles,des visages à peine éclairés déprécient les plus grands cadeaux.Si tu donnes tristement, tu perds tes dons et ta récompense,Didyme, donne gaiement, tu agis non sans recueillir des éloges. » Le Livre des proverbes de Geoffroy de Winchester est une collection&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>« <strong>Donner avec gaieté.</strong></em><br><em>Des visages gais rehaussent les cadeaux les plus humbles,</em><br><em>des visages à peine éclairés déprécient les plus grands cadeaux.</em><br><em>Si tu donnes tristement, tu perds tes dons et ta récompense,</em><br><em>Didyme, donne gaiement, tu agis non sans recueillir des éloges. »</em></p>



<p>Le <em>Livre des proverbes</em> de Geoffroy de Winchester est une collection unique de poèmes moralisateurs avec un titre suivi d’un à neuf distiques éclairant la sentence initiale. Ce texte marque une étape essentielle dans la littérature sentencieuse qui débouchera, quelques siècles plus tard, sur la maxime et l’aphorisme. Publié aux Presses universitaires de Rennes, ce texte, accompagné de l’excellente préface d’Étienne Wolff, nous donne accès aux fondements de la sagesse médiévale.</p>



<p><em>« <strong>Il faut affermir l’état de son esprit.</strong></em><br><em>Tu laisses les caprices de ton esprit ressembler aux vents changeants,</em><br><em>Vesevus, tu n’es jamais stable, tu voles comme un tourbillon. »</em></p>



<p>Ce <em>Livre des proverbes</em> puise son origine dans le <em>Livre des Proverbes </em>de la Bible qui entend donner des conseils de bonne et de mauvaise conduite dans la vie et qui invite le croyant à rechercher activement la sagesse. Dans ce sillage, Geoffroy de Winchester (avant 1055-1107), originaire de Cambrai, prieur à Winchester après la conquête normande, rassemble une collection de 238 épigrammes passionnantes à plus d’un égard.</p>



<p><em>« <strong>En montant il faut craindre la chute.</strong></em><br><em>Souvent tu fais une chute quand – souvent – tu te fixes un but trop élevé, Coranus ;</em><br><em>fais en sorte qu’une seule chute te suffise. »</em></p>



<p>Étonnamment laïc, ce texte prône la juste mesure en toute chose, condamne les vices comme l’avarice et la jalousie et fait l’éloge des vertus comme l’amitié. Cette morale, somme toute très classique, qu’il est facile de retrouver dans les <a href="http://remacle.org/bloodwolf/fabulistes/caton/distiques.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Distiques</em> de Pseudo-Caton</a> ou dans les <em>Sentences</em> de Publilius Syrus que nous avions déjà présentées dans <a href="https://aphorismundi.com/classique/de-sagesse-populaire-temps-romains/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un précédent article</a>, comporte quelques surprises comme ce distique :</p>



<p><em>« <strong>Il faut mettre de la mesure dans la vertu.</strong></em><br><em>Tu sembles excessif, Chrysippus, dans ton zèle pour la vertu,</em><br><em>la vertu sans mesure a le nom de vice. »</em></p>



<p>Outre sa dimension morale, ce qui fait le sel de ce texte, c’est la variété de son style et l’agrément de son écriture. Comme l’auteur le précise dans sa préface, il souhaite mêler <em>«&nbsp;l’utile à l’agréable&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;en versant le sérieux avec le badinage&nbsp;»</em>. Apostrophant un personnage en particulier, les distiques qui accompagnent les sentences initiales varient les points de vue, les complètent, forment parfois même un contrepoint comique.</p>



<p><em>« <strong>Il ne faut pas varier son discours.</strong></em><br><em>Le bœuf mugit, le mouton bêle, sans nulle variation ;</em><br><em>toi, Faunus, tu varies toujours ton langage. »</em></p>



<p>Jusqu’à la Renaissance, les recueils d’aphorismes tirés des auteurs gréco-latins seront légions dont le plus fameux sera le <em>Florilège </em>de Stobée. Au XVIIème siècle encore, l’importance de l’aphorisme dans l’éducation est telle que les élèves disposaient d’un cahier, le liber locorum sententiarum, où ils notaient les sentences qui les intéressaient pour alimenter leur réflexion, comme le rappelle Jean Lafond dans son introduction aux <em>Moralistes du XVIIème siècle</em>.</p>



<p><em>« <strong>Il faut honorer son professeur.</strong></em><br><em>Le malade est accusé de folie quand il frappe son médecin,</em><br><em>et toi, Melanippus, quand tu frappes ton professeur. »</em></p>



<p>Le <em>Livre des proverbes </em>constitue donc un témoignage historique important qui va ouvrir la voie à Érasme pour ses <em>Adages</em> ou encore à Montaigne pour ses <em>Essais</em>. Formant une véritable synthèse de la doxa morale médiévale, ce texte ne cesse de séduire par la beauté et la précision de sa langue, admirablement rendue par la traduction d’Étienne Wolff. Jugez vous-même :</p>



<p><em>« <strong>L’esprit sans foi est insondable.</strong></em><br><em>L’abîme de la mer grosse est insondable,</em><br><em>les flots soulevés rejettent l’œil humain.</em><br><em>L’abîme de l’esprit perfide est insondable,</em><br><em>Daedalus, l’esprit troublé n’admet pas le regard. »</em></p>



<p><em><a href="https://pur-editions.fr/product/8793/livre-des-proverbes" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Livre des proverbes, Geoffroy de Winchester, Presses universitaires de Rennes, 144 p., 19 euros</a></em></p>
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		<title>Cent phrases pour un chef d’œuvre</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/cent-phrases-pour-eventails-un-chef-doeuvre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2022 20:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cent phrases pour éventails]]></category>
		<category><![CDATA[Gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[NRF]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Claudel]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>     Le camélia            comme une idée rouge                éclatante et froide Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de Cent phrases pour éventails de Paul Claudel&#160;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927,&#46;&#46;&#46;</p>
<p>Cet article <a href="https://aphorismundi.com/le-blog/cent-phrases-pour-eventails-un-chef-doeuvre/">Cent phrases pour un chef d’œuvre</a> est apparu en premier sur <a href="https://aphorismundi.com">Aphorismundi</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">     <em>Le
camélia            comme une idée
  rouge                  éclatante
                            et froide</em> </pre>



<p>Quelle beauté, quelle sensualité, éclatantes elles aussi, se dégagent de ces vers de <em><a href="https://lcp.gallimard.fr/fr/products/cent-phrases-pour-eventails" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cent phrases pour éventails</a></em> de Paul Claudel&nbsp;! Le projet est totalement original. Ambassadeur de France à Tokyo, l’auteur décide d’écrire, entre 1926 et 1927, ou plutôt de dessiner des petits poèmes sur des éventails qui seront également ornés d’idéogrammes japonais. Il faut donc s’imaginer – ô délicieuse idée &#8211; s’éventer avec cette poésie, le souffle frais du vent faisant écho au souffle métaphorique des mots.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Éventail                        Ce ruban
                           demi-circulaire
                           est l’horizon
                           et la pointe du
                           triangle est l’
                                                    oeil</em></pre>



<p>Initialement parues, au Japon, sous forme d’éventails ou d’accordéons de papier, dépliables à l’orientale, les « phrases » de ce recueil seront finalement publiées, en France, en 1942, accompagnées d’une préface de l’auteur. Dans sa volonté de brouiller les frontières aussi bien géographiques que poétiques, Paul Claudel n’hésite pas à mêler la tradition japonaise des haïkus et des idéogrammes à la poésie occidentale pour donner naissance à une écriture très libre, conviant le lecteur à un voyage dépaysant et inédit.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Quatre              La couleur et la
heures             lumière      le soleil
   du                 et la lune           se
matin              mêlent    comme
                       l’eau avec le vin</em></pre>



<p>Grâce à la disposition singulière des mots sur l’éventail, la lecture devient un espace ludique. Elle peut s’effectuer de manière aussi bien verticale qu’horizontale, célébrant ainsi la liberté du lecteur. Certains mots se disloquent. Les lettres, par la sensualité de leurs courbes, la rigidité de leurs traits, deviennent des idéogrammes. Dans cette épure poétique où se confondent Orient et Occident, Paul Claudel nous invite à une contemplation sereine de la nature où les dieux millénaires se prélassent à l’ombre des cèdres et des glycines.</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background">   <em>La                   du      printemps
danse              deplusenplusvite
                        àlamesuredeschoses
                        qui croissentetse
                                   m
                           u l t i p l i e n t</em></pre>



<p>L’auteur se joue de toutes les traditions littéraires, y compris celle de l’aphorisme, pour créer une unité de sens unique et poétique : «&nbsp;la phrase&nbsp;». La beauté des pivoines, la fumée de l’encens, le ruissellement de l’eau, laissez-vous emporter par le flot des images et le souffle poétique si singulier de ce chef d’œuvre inclassable&#8230;</p>



<pre class="wp-block-verse has-white-background-color has-background"><em>Moins             la rougeur
                       de la pourpre
                       que le      s
                            on
                            de
                              l'
                            o r</em></pre>



<p><em>Cent phrases pour éventails, Paul Claudel, NRF, Poésie Gallimard, 168 pages, 7,80 euros</em></p>
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		<title>J’aime</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 May 2022 10:19:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Cheyne]]></category>
		<category><![CDATA[Ito Naga]]></category>
		<category><![CDATA[Je sais]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Je sais que le monde est comme un immense écho, que les mots se répètent à l’infini comme un jeu de miroirs dans un palais persan.&#160;» Je sais que la lecture de Je sais m’a plongé dans une rêverie proche de la contemplation. Je sais que ce recueil est habité,&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Je sais que le monde est comme un immense écho, que les mots se répètent à l’infini comme un jeu de miroirs dans un palais persan.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que la lecture de <em>Je sais </em>m’a plongé dans une rêverie proche de la contemplation. <br>Je sais que ce recueil est habité, qu’il est plein d’humour, de mélancolie, de visages et de joies.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais que «&nbsp;Je pense que&nbsp;» traduit rarement une conviction profonde ou une réelle expérience du corps.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que ce livre sans cesse oscille entre le ciel et la terre, entre le doute métaphysique et la beauté du quotidien. <br>Je sais qu’Ito Naga est astrophysicien et que ses considérations sur la science m’émeuvent.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’on se réjouit secrètement que certaines choses résistent à la science, qu’une part de mystère persiste.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que la puissance de l’anaphore permet le déploiement d’un fourmillement de motifs poétiques.<br>Je sais que le fragment est une partie du Tout et que la vie se dit par éclats.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais par la boulangère que Robert ne peut pas monter au-dessus de 1000 mètres d’altitude. Fort heureusement, la personne à qui ils vont rendre visite n’habite qu’à 600 mètres.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais qu’un deuxième opus <em><a href="https://www.cheyne-editeur.com/index.php/grands-fonds/368-je-sens" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Je sens</a></em> est sorti l’année dernière.<br>Je sais, je sens que je vais l’aimer.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’il est tentant d’en rester à la peau douce des apparences.&nbsp;»</em></p>



<p>Je sais que l’extrême sensibilité de ce livre me touche et que sa délicatesse m’étreint.<br>Je sais que, pour tout cela et plus encore, j’aime <em>Je sais</em>.</p>



<p><em>«&nbsp;Je sais qu’on dit «&nbsp;Au revoir&nbsp;», mais jamais «&nbsp;Au réécouter.&nbsp;» »</em></p>



<p><em><a href="https://www.cheyne-editeur.com/index.php/grands-fonds/145-je-sais" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Je sais, Ito Naga, Cheyne, 17 euros, 80 pages</a></em></p>



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		<title>Le génie serein d&#8217;Augusta Amiel-Lapeyre</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/le-genie-serein-daugusta-amiel-lapeyre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 13:16:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Augusta Amiel-Lapeyre]]></category>
		<category><![CDATA[Chambre d&#039;échos]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Notre âme est comme le fruit. En murissant elle se détache.&#160;» Une immense joie doublée d&#8217;une grande admiration, voilà ce que je ressens à la lecture des Pensées sauvages d&#8217;Augusta Amiel-Lapeyre. Pages après pages, je suis conquis par son écriture si précise alliée à une grande finesse psychologique. Son altruisme,&#46;&#46;&#46;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Notre âme est comme le fruit. En murissant elle se détache.&nbsp;»</em></p>



<p>Une immense joie doublée d&rsquo;une grande admiration, voilà ce que je ressens à la lecture des <a href="http://www.lachambredechos.com/livre.php?livre_id=73"><em>Pensées sauvages</em> d&rsquo;Augusta Amiel-Lapeyre</a>. Pages après pages, je suis conquis par son écriture si précise alliée à une grande finesse psychologique. Son altruisme, son acuité ainsi que sa profonde humanité me l&rsquo;ont rendue infiniment attachante. Mais qui donc se cache derrière cette étourdissante aphoriste dont tout l&rsquo;art consiste à faire rimer simplicité avec clarté&nbsp;?</p>



<p><em>«&nbsp;Les nuances, c&rsquo;est la syntaxe des sensibles.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;La folie peut éclairer la raison à la manière de ces feux incendiaires qui projettent leurs sinistres lueurs sur tous les environs.&nbsp;»</em></p>



<p>Augusta Amiel-Lapeyre (1858-1944) a passé toute sa vie dans un petit village près de Carcassonne, à Villegailhenc. Son mari était organiste et elle eut trois enfants dont l&rsquo;un, Denys, fut un auteur de théâtre reconnu pendant l&rsquo;Entre-deux-guerres. Attentive aux autres et à elle-même, elle a passé sa vie à noter dans un petit calepin bleu ses impressions et ses observations sur le monde qui l&rsquo;entourait. Quatre recueils ont été publiés dont un préfacé par Francis Jammes qui la décrivait en ces termes&nbsp;: <em>«&nbsp;Une femme possédée par le génie de ses pensées au fond d&rsquo;un village de l&rsquo;Aude. Elle est arrivée à cette haute production sans effort au cours d&rsquo;une vie couleur de feuille d&rsquo;automne. Les yeux grands ouverts sur le ciel intérieur.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;Les larmes que l&rsquo;on montre ne sont pas les plus amères.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;Trop chercher à briller, n&rsquo;est-ce pas vouloir coiffer les autres d&rsquo;un éteignoir&nbsp;?&nbsp;»</em></p>



<p>Suivant la tradition des <em>Maximes</em> de la Rochefoucauld, Augusta Amiel-Lapeyre a à cœur de démasquer les vices de l&rsquo;amour-propre pour mieux mettre en valeur les vertus tels que la bonté ou encore la justice. Louant la vie à la campagne, elle pose sur l&rsquo;humanité un regard fin et parfois mordant qui n&rsquo;est pas sans rappeler celui de <a href="https://aphorismundi.com/actualite/renard-un-diariste-authentique/">Jules Renard dans son <em>Journal</em></a>. Dans ce recueil, elle s&rsquo;ingénie à creuser en profondeur les mêmes thématiques plutôt que d&rsquo;éparpiller son talent dans un éventail infini de sujets. L&rsquo;homme est son sujet et elle fore si bien la conscience de ces prochains que des trésors de maximes en jaillissent.</p>



<p><em>«&nbsp;Il y a des âmes fermées à double tour qui ne donnent jamais la clé de leur serrure. Pourtant elles ne renferment rien de précieux.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;Etre intelligent c&rsquo;est comprendre toutes les souffrances.&nbsp;»</em></p>



<p>Très emblématique de la pensée de son autrice, cet aphorisme laisse entendre qu&rsquo;Augusta Amiel-Lapeyre place la compréhension d&rsquo;autrui au-dessus de tout autre valeur morale et que l&rsquo;intelligence appartient plus au domaine du cœur qu&rsquo;à celui de la raison. Quoi de plus juste et de plus humain que cette remarque&nbsp;! Pour finir, remercions <em><a href="http://www.lachambredechos.com/">La Chambre d&rsquo;échos</a> </em>d&rsquo;avoir publié, avec le concours de ses arrière-petits-enfants, ce recueil de pensées qui donne la furieuse envie de découvrir les œuvres intégrales de son autrice.</p>



<p><em>«&nbsp;La maison c&rsquo;est le nid des jeunes et la carapace des vieux.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;Quand nous avons traversé une série de jours pénibles nous croyons avoir gagné une victoire&nbsp;; tandis que c&rsquo;est le temps qui a triomphé de notre vie.&nbsp;»</em></p>



<p>Un génie. Le grand mot est lâché. Un génie de l&rsquo;aphorisme est là, sous nos yeux. Il ne reste donc plus qu&rsquo;à lire et se taire.</p>



<p><em>«&nbsp;Crois à mon bonheur pour que j&rsquo;y croie aussi.&nbsp;»</em></p>



<p><em>Augusta Amiel-Lapeyre, Pensées sauvages, La Chambre d&rsquo;échos, 16 euros</em></p>
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		<title>Apocalypse Now</title>
		<link>https://aphorismundi.com/le-blog/apocalypse-now/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 14:57:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Auxeméry]]></category>
		<category><![CDATA[Le taillis pré]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Un grand oiseau picore la fumée jaillie des longs tubes de métal dans une campagne toute neuve, habitée exclusivement de friches d’immeuble morts. Les vitres effondrées babillent de sanglots de suie, la pluie sale pisse sur les façades.&#160;» Quelle sublime et désespérante image que cet oiseau condamné à picorer de&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Un grand oiseau picore la fumée jaillie des longs tubes de métal dans une campagne toute neuve, habitée exclusivement de friches d’immeuble morts. Les vitres effondrées babillent de sanglots de suie, la pluie sale pisse sur les façades.&nbsp;»</em></p>



<p>Quelle sublime et désespérante image que cet oiseau condamné à picorer de la fumée dans un monde dévasté&nbsp;! Cette vision si saisissante que l’on croirait tout droit sortie d’un film de science-fiction cauchemardesque est emblématique de ce livre à la poésie glauque et sonore.</p>



<p><em>«&nbsp;Ici, les eaux s’écroulent d’une voûte vide de divinités qu’on puisse invoquer, ou supplier, ou maudire. Là, ces dieux survivent encore dans des caboches – pures poches de pus.&nbsp;»</em></p>



<p>Dans les <em>Aphorismes du pire</em>, le poète Jean-Paul Auxeméry donne forme et vie à un paysage désolé où l’économie de marché s’est écroulée, où les êtres humains peinent à respirer, et où les mots ne font désormais plus sens. Ecrit en l’an 2000 et publié par la maison d’édition belge <em>Le taillis pré</em>, cet ouvrage à la force sensuelle et tellurique offre la vision désespérée d’une humanité composée de nécessiteux qui errent sur une planète poubelle, devenue infertile.</p>



<p><em>«&nbsp;Un arbre, là, pense que ses feuilles poussent, lui. Il y a toutefois à ses pieds une flaque ironique disant, avec un reflet de ciel barbouillé, qu’il n’en est rien.&nbsp;»</em></p>



<p>En dehors des qualités évidentes de sa langue macabre et raffinée, le tour de force d’Auxeméry est de donner à l’aphorisme une grande force narrative et un pouvoir d’évocation contre-utopique. A rebours de la tradition morale et philosophique, le poète tord cette forme de sagesse lacunaire afin de la transformer en instrument privilégié d’une contemplation hallucinée et infernale.</p>



<p><em>«&nbsp;Ici vous ne respirerez jamais qu’entre amertume et révulsion, avec une échappée parfois, vers des gouffres aimables.&nbsp;»</em></p>



<p>Tableaux d’un Jérome Bosch contemporain devenu fou, ces aphorismes sonnent un avertissement parfois non dénué d’humour sur l’état de la planète et les devenirs possibles d’un potentiel effondrement. Au cours des siècles, les poètes ont souvent fait office de prophètes des temps nouveaux&nbsp;; écoutons dès lors s’élever la voix sublime de l’oracle :</p>



<p><em>«&nbsp;Un vent qui porte, et ne sait que porter, &#8211; mais quoi&nbsp;? – mime un vent qui pourrait, mais ne peut plus&nbsp;; un vent mime un vent, dans les bras rouges du prunus.</em></p>



<p><em>Ce prunus est cette créature de sang qui s’effraie&nbsp;; sa sève boit cet effluve.</em></p>



<p><em>Un vent mime un vent mime un vent.&nbsp;»</em></p>



<p><em>Les aphorismes du pire, Auxeméry, <a href="https://editeurssinguliers.be/editeur/taillis-pre/">Le Taillis pré</a>, 58 p., 8 euros</em></p>
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		<title>Entretien avec Jean-Philippe Querton, directeur de Cactus Inébranlable éditions</title>
		<link>https://aphorismundi.com/les-entretiens/entretien-avec-jean-philippe-querton-directeur-de-cactus-inebranlable-editions/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2020 14:07:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Cactus inébranlable éditions]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Philippe Querton]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aphorismundi : Comment vous est venue l&#8217;idée de créer votre maison d&#8217;édition Cactus inébranlable consacrée à l&#8217;aphorisme contemporain ? Jean-Philippe Querton : J’aime l’aphorisme depuis toujours, peut-être même avant de savoir que c’était comme cela qu’on appelait les « bons mots », les « jeux avec les mots, la langue&#46;&#46;&#46;</p>
<p>Cet article <a href="https://aphorismundi.com/les-entretiens/entretien-avec-jean-philippe-querton-directeur-de-cactus-inebranlable-editions/">Entretien avec Jean-Philippe Querton, directeur de Cactus Inébranlable éditions</a> est apparu en premier sur <a href="https://aphorismundi.com">Aphorismundi</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Comment vous est venue l&rsquo;idée de créer votre maison d&rsquo;édition <a href="https://cactusinebranlableeditions.com/">Cactus inébranlable</a> consacrée à l&rsquo;aphorisme contemporain ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : J’aime l’aphorisme depuis toujours, peut-être même avant de savoir que c’était comme cela qu’on appelait les « bons mots », les « jeux avec les mots, la langue et le langage ». Car avant d’aimer la phrase, j’ai aimé les mots. Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, j’ai toujours été attiré par les dictionnaires, les répertoires, les listes de mots. </p>



<p>Il y a quelques années, lorsque la toile devint ce qu’elle est, avec ses ressources et ses moyens de diffusion, j’ai commencé à adresser des phrases à un réseau de personnes qui a rapidement augmenté. Deux phrases par jour ; au départ, des citations, des maximes, des calembours, des impertinences d’autres auteurs avant de commencer à diffuser mes propres aphorismes. </p>



<p>Constatant que mes productions étaient appréciées, je me suis constitué un stock de phrases que, grâce à André Stas, on m’a invité à lire lors d’une bataille d’aphorismes organisée dans le cadre d’une manifestation intitulée <em>La Belgique sauvage</em> (un label derrière lequel se cachent des surréalistes, des dadaïstes, des pataphysiciens, des écrivains, des poètes, des plasticiens…) à Paris. C’était en 2011. Les organisateurs m’ont suggéré d’emporter mes textes en version livre-papier, alors que je n’avais jamais pensé à les publier. Et voilà, c’est ainsi qu’un ouvrage d’aphorismes a été bricolé, vite fait ; c’est ainsi que Cactus Inébranlable est né. <em>Des capiteuses pensées</em> fut le premier ouvrage publié, mais à l’époque nous n’avions pris la décision de nous cantonner dans l’aphorisme. Nous avons publié des romans noirs, des recueils de nouvelles, des chroniques humoristiques… </p>



<p>C’est progressivement, observant l’intérêt des auteurs et du public que nous nous sommes spécialisés, pour décider il y a peu de temps de nous consacrer (pratiquement) exclusivement à la formule brève avec douze titres publiés par an — avec une formule d’abonnement pour les lecteurs qui le souhaitent — et plus de soixante au catalogue, à l’heure actuelle dans ce que nous appelons la collection Les p’tits Cactus. </p>



<p>Notez également, pour être complet par rapport à la question, que nous ne publions pas que des auteurs contemporains, puisque nous avons travaillé à l’élaboration et la publication des aphorismes complets d’Achille Chavée (2019) et que nous ferons de même avec d’autres auteurs du courant surréaliste belge, avec notamment en 2021 un recueil consacré aux aphorismes de Louis Scutenaire. Et d’autres projets de réédition sont encore en vue.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Comment et sur quels critères sélectionnez-vous vos auteurs ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : Ce ne sont pas les auteurs qui sont sélectionnés, mais les recueils que ceux-ci nous adressent. Nous ne nous attachons pas à la notoriété de l’auteur, mais à la qualité des textes proposés. </p>



<p>Nos critères sont multiples. Nous aimons les textes irrévérencieux, contestataires, antisystèmes, mais la qualité des aphorismes peut aussi être liée à leur originalité, à la manière dont ils traitent et utilisent la langue, à la façon dont ils jouent avec celles-ci. Jouer avec la langue ne signifie pas (nécessairement) faire du calembour. Nombreux sont les auteurs qui pensent qu’un bon jeu de mots peut faire un bon aphorisme, c’est une erreur. </p>



<p>Nous apprécions aussi les aphorismes poétiques, de même que ceux issus d’une vague assez contemporaine et résolument moderne qu’on pourrait appeler les aphorismes narratifs. Le chef de file de ce mouvement, l’instigateur en est à coup sûr Éric Chevillard et son <a href="http://autofictif.blogspot.com/">Autofictif</a> qui par ses fragments narratifs raconte de très brèves histoires / fictions que j’associe à l’aphorisme. Récemment, dans cet esprit nous avons publié des auteurs comme Olivier Hervy, Pierre-Alain Mercoeur et à un degré un peu moindre, Paul Lambda qui sont dans ce mouvement intéressant et qui, en tout cas, ouvre de nouvelles perspectives.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Vous êtes également auteur d&rsquo;aphorismes. Comment votre activité d&rsquo;écrivain nourrit-elle vos choix d&rsquo;éditeur ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : Oserais-je dire que c’est mon activité d’éditeur qui nourrit ma production personnelle en tant qu’auteur, oui, en toute modestie, c’est évident.</p>



<p>Mais je distingue clairement les deux fonctions.</p>



<p>En tant qu’éditeur, j’aime à travailler en collaboration avec les auteurs, il faut qu’ils acceptent qu’on agisse ensemble sur le projet éditorial, qu’il acceptent qu’on ne reprenne pas tout ce qu’ils proposent, qu’on modifie certaines phrases, qu’on exploite ensemble leurs fulgurances, leurs idées, leur manière de composer les aphorismes. </p>



<p>Lire quantité de textes me donne évidemment une belle inspiration, tenter de comprendre la démarche créatrice d’un auteur est hautement stimulant pour sa propre production&nbsp;!</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Pensez-vous qu&rsquo;il existe une spécificité de l&rsquo;aphorisme belge par rapport aux autres traditions aphoristiques européennes ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : Magritte disait quelque chose du genre : « classer les artistes selon leurs origines — Wallons, Belges…— n’a pas plus de sens que de différencier les végétariens des autres ». Ce n’est pas faux, une frontière, ce n’est jamais qu’une ligne subjective, mais il n’empêche qu’il y a un élément historique sur lequel j’ai envie d’insister.</p>



<p>Le mouvement surréaliste en Belgique et ses nombreux représentants a engendré une génération d’auteurs d’aphorismes remarquables. Voire même plusieurs générations si l’on remet les choses en perspective. Des années 1920, jusqu’à nos jours, ce sont des dizaines d’auteurs, de poètes, de peintres, de galeristes, d’amateurs éclairés qui ont produit quantité d’aphorismes dans des revues, des tracts, des recueils parfois confidentiels et heureusement, des livres. Scutenaire, Nougé, Havrenne, Dumont, Goemans, Van Bruaene, Chavée, les frères Piqueray, Koenig, Marcel Mariën, Tom Gutt… en sont les quelques représentants. Cette pépinière a marqué l’histoire de la littérature belge et internationale.</p>



<p>Aujourd’hui, et c’est très bien, il existe une jeune génération de lecteurs curieux qui (re-)découvre les textes — et en particulier les aphorismes — de ces auteurs.</p>



<p>L’aphorisme belge, s’il existe, est donc essentiellement nourri de surréalisme, c’est-à-dire de détournements de textes, d’écriture automatique, de spontanéité, d’humour et de contestation.</p>



<p>Car le surréalisme EST contestation. </p>



<p>A la différence du surréalisme français qui a eu tendance à s’embourgeoiser, le surréalisme belge a conservé un côté potache, un peu foutraque, très inspiré par la dérision, la moquerie, la critique sociale…</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Quels sont vos aphoristes préférés et pourquoi ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : Incontestablement <a href="https://aphorismundi.com/international/a-decouverte-de-louis-scutenaire/">Louis Scutenaire</a> et <a href="https://aphorismundi.com/portraits/achille-chavee-cet-inconnu/">Achille Chavée</a>, si l’on regarde en arrière.</p>



<p>Dans la Belgique contemporaine&nbsp;: André Stas (dont nous avons publié trois recueils), <a href="https://aphorismundi.com/international/un-catechisme-peu-orthodoxe/">Alain Dantinne</a> et Patrick Henin (publié chez nous aussi) qui est un auteur à la capacité de production hallucinante et dont le propos atteint toujours sa cible.</p>



<p>J’ai beaucoup d’admiration pour un auteur québécois trop vite parti qui s’appelle <a href="https://aphorismundi.com/chronique/autoportrait-surrealiste-fantasque/">Normand Lalonde</a>, une grande tendresse pour <a href="https://aphorismundi.com/actualite/fatigues-leveil-des-mots/">Pierre Peuchmaurd</a> (qui était également éditeur). Il y a bien sûr, pour peu qu’on le considère comme un auteur d’aphorismes, Éric Chevillard dont nous avons parlé. En France, aujourd’hui, il me semble qu’un auteur qui a tout d’un grand, c’est Paul Lambda. Longtemps confiné dans l’autoédition, nous l’avons accueilli chez Cactus Inébranlable avec bonheur. Quelqu’un qui écrit&nbsp;: <em>«&nbsp;Ailleurs l’herbe est plus verte mais ça sent la peinture&nbsp;»</em> ne peut être que remercié et publié.</p>



<p>Pourquoi ces auteurs&nbsp;?</p>



<p>Parce qu’ils me bouleversent, me font frémir, me font sourire, rire, parfois, parce qu’ils manient la forme concise avec brio, parce que souvent, en les lisant, je me dis&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Qu’est-ce que j’aurais aimé écrire ça&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Quels sont les futurs projets éditoriaux de votre maison d&rsquo;édition ?</strong></p>



<p>Jean-Philippe Querton : Maintenir le cap !</p>



<p>Continuer à suivre inébranlablement le but que nous nous sommes fixés, à savoir, prendre du plaisir à publier et en procurer aux lecteurs.</p>



<p>Les propositions affluent, des auteurs nous découvrent et nous soumettent leurs textes, nous sommes ravis de constater que des auteurs d’aphorismes en langue étrangère nous sollicitent pour que nous les publiions en français. Ce sera le cas cette année, avec un très beau recueil de l’Espagnol <a href="https://aphorismundi.com/actualite/style-eder-lironie-a-loeuvre/">Ramon Eder</a>.</p>



<p>Nous aimerions aussi rééditer des auteurs dont les ouvrages demeurent introuvables aujourd’hui, particulièrement parmi les surréalistes belges cités plus haut.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Aphorismundi : Pour finir cet entretien, avez-vous en tête un aphorisme en particulier que vous souhaiteriez partager avec nous et qui résumerait la philosophie de votre maison d&rsquo;édition ?</strong></p>



<p>C’est un aphorisme profondément révolutionnaire et même anarchiste de Louis Scutenaire, une phrase que j’aime parce qu’elle donne du sens à l’acte d’écriture&nbsp;: <em>«&nbsp;J’écris pour des raisons qui poussent les autres à dévaliser un bureau de poste, abattre un gendarme ou son maître, détruire un ordre social.&nbsp;»</em></p>



<p>En moins violent, je suis d’accord avec André Stas quand il écrit&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Exister, c’est insister.&nbsp;»</em></p>



<p></p>
<p>Cet article <a href="https://aphorismundi.com/les-entretiens/entretien-avec-jean-philippe-querton-directeur-de-cactus-inebranlable-editions/">Entretien avec Jean-Philippe Querton, directeur de Cactus Inébranlable éditions</a> est apparu en premier sur <a href="https://aphorismundi.com">Aphorismundi</a>.</p>
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		<title>A la découverte de Louis Scutenaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2017 09:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Allia]]></category>
		<category><![CDATA[La cinquième saison]]></category>
		<category><![CDATA[Louis Scutenaire]]></category>
		<category><![CDATA[Mes inscriptions]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d'Alun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni Belge. » C&#8217;est par cette définition volontairement provocante et sarcastique que Louis Scutenaire tente de définir sa profonde marginalité ainsi que sa liberté radicale par rapport à la production littéraire de son époque. Né en 1905, il fréquente très vite le cercle des&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni Belge. »</em></p>
<p>C&rsquo;est par cette définition volontairement provocante et sarcastique que Louis Scutenaire tente de définir sa profonde marginalité ainsi que sa liberté radicale par rapport à la production littéraire de son époque. Né en 1905, il fréquente très vite le cercle des surréalistes belges composé de René Magritte, Camille Goemans ou encore Paul Nougé à qui il propose ses premiers poèmes. A partir de 1943, inspiré par les graffitis de Restif de la Bretonne, il entame la rédaction d&rsquo;un journal mêlant poésie et aphorismes intitulé <em>Mes inscriptions</em> dont le dernier tome s&rsquo;achèvera avec sa mort en 1987.</p>
<p><em>« Les ronces de la vie m&rsquo;affectent plus que ses roses ne m&rsquo;enchantent. »</em></p>
<p><em>« Une banalité me convient mieux qu&rsquo;une originalité à la mode. »</em></p>
<p>Quelques extraits de cette œuvre immense couvrant près de quarante années de la vie de l&rsquo;auteur ont été publiés et notamment le livre <em>La cinquième saison</em>, paru aux éditions La Pierre d&rsquo;Alun en 1983. Ce recueil est un parfait point d&rsquo;entrée dans la production fantasque et foisonnante de l&rsquo;écrivain belge. Ne lui en déplaise, l&rsquo;influence du surréalisme se ressent à chaque ligne et en particulier dans sa poésie qui mêle onirisme et érotisme avec une certaine propension à la déstructuration du langage. Si vous souhaitez en savoir plus sur les rapports entre surréalisme et aphorisme, n&rsquo;hésitez pas à consulter <a href="https://aphorismundi.com/portraits/surrealisme-aphorisme-rencontre-marie-paule-berranger/" target="_blank" rel="noopener">notre grand entretien mené avec Marie-Paule Berranger, spécialiste du sujet.</a></p>
<p><em>« L&rsquo;aurore aux doigts de rose ouvre l&rsquo;écluse aux péniches des ténèbres, du crépuscule toile d&rsquo;araignée sourd une lumière maussade d&rsquo;où naît la déchirure éclatante de midi le juste. »</em></p>
<p>Anarchiste et anticapitaliste, Scutenaire n&rsquo;a de cesse de dénoncer une société injuste, avide de richesses et qui broie les pauvres sans repenser les fondements même de son inégalité. Son obsession érotique est elle aussi très présente dans ce recueil qui montre bien toute l&rsquo;étendue et la richesse de son talent. Percutants et avec une grande économie de moyens, ses aphorismes nous laissent comme hagards, abasourdis devant l&rsquo;incroyable acuité de ses réflexions. Par la diversité de son ton autant que par ses sujets, Scut, comme il aime signer, jamais ne lasse et touche au cœur même des choses.</p>
<p><em>« Répéter, répéter sans répit que la main du riche est toujours dans la poche du pauvre. »</em></p>
<p><em>« Dès mon plus jeune âge, toujours j&rsquo;ai été obsédé par les filles, et aujourd&rsquo;hui encore, mais dans une faible mesure, propre à contenir les graines d&rsquo;un canari pour un demi-jour. »</em></p>
<p>Si vous aimez <em>La cinquième saison</em>, n&rsquo;hésitez pas à vous procurer le journal complet de l&rsquo;auteur intitulé <em>Mes inscriptions</em> et dont les deux premiers tomes ont été réédités par la maison d&rsquo;édition Allia. Ces deux recueils sont d&rsquo;une richesse et d&rsquo;une beauté telles que nous leur consacrerons à chacun un article, en temps voulu. Scutenaire est un véritable génie de l&rsquo;aphorisme qui a su utiliser au maximum les potentialités de cette forme brève. Chaque sentence a sa couleur, chaque poème recèle un amour et une maîtrise de la langue infinis. Assez méconnu en France, rendons-lui justice : lisons-le, diffusons-le !</p>
<p><em>« Ne jugez pas, contentez-vous de ne pas comprendre. »</em></p>
<p><em>La cinquième saison, Louis Scutenaire, Olivier O. Olivier, La Pierre d&rsquo;Alun, 65 p.</em></p>
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		<title>Les mots au bal musette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Morgan Cariou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2017 18:58:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Editions du Laquet]]></category>
		<category><![CDATA[Nuits de nacre]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick Fabre]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Peuchmaurd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« La mélancolie est une femme bleue. Derrière la vitre, la mort monte.» En 1995, à l&#8217;occasion des Nuits de nacre, Pierre Peuchmaurd, poète et aphoriste surréaliste, ainsi que Patrick Fabre, photographe, ont mêlé leurs talents pour composer un livre rendant compte de l&#8217;atmosphère si particulière du festival d&#8217;accordéon de Tulle.&#46;&#46;&#46;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;"><i>« La mélancolie est une femme bleue. </i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>Derrière la vitre, la mort monte.»</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">En 1995, à l&rsquo;occasion des <i>Nuits de nacre</i>, Pierre Peuchmaurd, poète et aphoriste surréaliste, ainsi que Patrick Fabre, photographe, ont mêlé leurs talents pour composer un livre rendant compte de l&rsquo;atmosphère si particulière du festival d&rsquo;accordéon de Tulle. Hybride et humble dans sa facture, cet ouvrage exploite, pourtant, avec une grande maîtrise les ressources propres à ces deux arts qui se répondent l&rsquo;un l&rsquo;autre et se complètent sans jamais tomber dans l&rsquo;écueil de l&rsquo;illustration pure et simple.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>«  &#8211; Oui, le vautour existe</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>et la pieuvre a trois cœurs. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Le retard de Dieu n&rsquo;excuse pas son attente. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Pierre Peuchmaurd est poète avant tout mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;auteur d&rsquo;une très belle œuvre d&rsquo;aphorismes <i>Fatigues </i>publiée par L&rsquo;Oie de Cravan en 2014 et que nous avions déjà eu l&rsquo;occasion d&rsquo;évoquer <a href="https://aphorismundi.com/actualite/fatigues-leveil-des-mots/" target="_blank" rel="noopener">dans un précédent article</a>. Le retrouver et lire ces quelques aphorismes poétiques publiés dans cet album des <i>Nuits de nacre</i> nous replonge avec délice dans cette langue surréaliste aux forts accents mélancoliques. Comiques, oniriques, ou encore contemplatifs, ces courts textes contiennent tout le talent et la bienveillance d&rsquo;une plume empreinte d&rsquo;humanité. Pierre Peuchmaurd aime les gens que Patrick Fabre a photographié et toute son empathie se ressent dans son écriture.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Sifflent les lanières qui attachent à l&rsquo;amour.</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>Ça écrit nerf sur blanc. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Le pari et l&rsquo;exercice périlleux du livre photographique sont ainsi réussis. Le texte instruit, déploie, élargit les photos et inversement. Il paraît être le fruit d&rsquo;un duo de funambules qui trouverait son équilibre l&rsquo;un grâce à l&rsquo;autre et qui voudrait se mettre en valeur mutuellement. La photographie d&rsquo;un enfant semblant sauter, presque s&rsquo;envoler au pied d&rsquo;une église ou d&rsquo;un cloître est particulièrement émouvante et le texte en écho est d&rsquo;une désarmante beauté :</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« Saute par-dessus la guerre, saute. Et </i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>saute par dessus Dieu, saute. Saute,</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>danse et meurs. Danse. »</i></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Cet album si sensible permet de voir une autre facette du talent de Pierre Peuchmaurd, attentif à la musique et aux hommes. En feuilletant ce livre, on rêve, on rit, on imagine la vie de ces autres qui dansent, qui tournent, que l&rsquo;on ne connaîtra jamais. Les mots subliment l&rsquo;image qui, en miroir, subliment les mots et on y est à Tulle, à entendre ces accordéons, à voir ces visages, ces sourires, ces solitudes. Ce livre est une invitation à un voyage couleur sépia, à la découverte de ces anonymes qui sautent, dansent et meurent mais surtout, et avant de le refermer et de le ranger au fond de sa bibliothèque, dansent.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><i>« On allume, on éteint, on clignote et c&rsquo;est l&rsquo;aube. »</i></span></p>
<p align="LEFT"><i>Nuits de nacre, photographies : Patrick Fabre, textes : Pierre Peuchmaurd, Éditions du Laquet, 98 p.</i></p>
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